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Miracle ? Le nombre d’abonnés au Très haut débit a doublé !, 30 novembre 2012

L’ARCEP a modifié ses définitions à l’occasion de la publication des chiffres du troisième trimestre 2012. Elle avait auparavant défini le Très haut débit fixe comme celui supérieur à 50 Mbits, notamment dans ses rapports au Parlement. Désormais, elle fixe le seuil à 30 Mbits, afin d’harmoniser les données avec l’objectif européen pour 2020, qui retient ce seuil. Accessoirement, cela permet de faire pratiquement doubler le nombre d’abonnés au "Très haut débit", qui passe ainsi de 760.000 à 1.490.000 en un trimestre !

Ce changement de définition prend pour l’essentiel en compte les abonnés des réseaux câblés qui ne sont pas encore passés au meilleur standard. Demain il agrégera également ceux qui seront suffisamment près des NRA, en distribution directe, et en VDSL.

Si l’ARCEP maintient le distingo actuel, en publiant de manière distincte les abonnés qui peuvent avoir 100 Mbits/s ou plus, il s’agit d’un degré de précision tout à fait intéressant, qui permet à l’ensemble des acteurs de se positionner. Il en irait tout autrement s’il s’agissait seulement d’un trompe-l’oeil sur l’amélioration des résultats. En effet, le potentiel du câble et du FTTH à passer au delà de 100 M bits/s est avéré, ce qui permettra de suivre l’évolution des besoins, alors que le simple passage de l’ADSL au VDSL n’offre guère de perspective ultérieure.

A noter que l’ARCEP a accepté d’examiner la demande de l’AVICCA pour une meilleure connaissance des chiffres du FTTH. En effet, le ratio du nombre d’abonnés sur le nombre de prises recouvre des réalités très différentes. D’une part, pour la moitié des prises, un seul opérateur peut offrir ses services, et l’on peut supposer que le taux de pénétration du FTTH serait nettement meilleur s’ils étaient au moins deux. D’autre part, certaines prises sont livrées depuis 3 ans, d’autres depuis 3 semaines ; pour un nouveau réseau en construction, il faut suivre les évolutions dans le temps, pour connaître la progression. Ces précisions seraient utiles à tous les acteurs : investisseurs, opérateurs, collectivités, Etat ; elles ne sont pas faciles à réunir, mais le dossier va être examiné.

Les derniers chiffres publiés permettent une analyse plus fine de l’évolution du câble. En effet, il est aujourd’hui pratiquement seul dans la catégorie "30 à 100 Mbits", et dans celle "100 Mbits ou plus hors FTTH". Sur un an, il passe de 1.100.000 à 1.220.000, soit une croissance de 10,9% pour Numéricable ainsi que les SEM et régies concernées. Dans le même temps, le nombre global d’abonnés au haut et très haut débit augmente de 1 265 000 (+ 5,6%). On peut donc dire que le câble gagne localement des parts de marché, tout en pesant encore peu dans l’ensemble.

L’analyse des marchés de gros permet de suivre les investissements dans la rénovation du câble. Globalement, le nombre de prises éligibles à internet n’augmente pratiquement pas (+1% sur un an), ce qui veut dire qu’il n’y a pratiquement pas d’investissement sur les petits et moyens réseaux de Numéricable. Par contre 457.000 prises supplémentaires peuvent bénéficier du 100 Mbits, par amélioration des réseaux existants délivrant déjà l’accès à internet. Au total, les prises éligibles à internet par le câble représentent 8.450.000 prises, soit un gros quart du marché français.

Côté FTTH, le dernier trimestre a été de loin le meilleur pour l’augmentation du nombre de prises éligibles, avec 288.000 livraisons, contre 170.000 au trimestre précédent. Le rythme annuel passe ainsi à 688.000. Une vraie amélioration par rapport aux 400.000/an des années précédentes, et aussi un vrai gap à franchir pour passer au rythme de 3.000.000 qui permettrait de basculer en dix ans au Très haut débit partout ! Faute de miracle, la feuille de route devra donc être musclée...


>>> le marché de gros au 3T 2012
>>> le marché de détail au 3T 2012


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