Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l’Audiovisuel

Réseaux et territoires

Initiative publique
Colloques (TRIP) : Réseaux ouverts d’initiative publique

8 juin 2008
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TRIP 2008 - Les entreprises, cibles majeures de l’aménagement numérique

Table Ronde 5
14h15 - 15h45
Les entreprises, cibles majeures de l’aménagement numérique

Le développement économique est une des cibles majeures de l’aménagement numérique, mais les besoins des entreprises sont hétérogènes et rarement exprimés. Aujourd’hui, des opérateurs locaux et nationaux utilisent effectivement les réseaux d’initiative publique pour proposer leurs offres, sur la fibre optique ou d’autres supports. Comment faire bénéficier au mieux les entreprises des investissements publics ?

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Intervenants :

Patrick VUITTON
Nous avons quatre intervenants pour cette table ronde sur les entreprises. Et l’on aura un peu plus de temps de débat que ce matin, peut-être un peu moins polémique !

On commencera par Luc GRATIEN qui est Chargé de mission haut débit du Sicoval, une agglomération proche de Toulouse, qui va vous montrer le réseau PON, jusqu’à l’immeuble, qui vient d’être déployé. Ce sont les tout premiers impacts, on est vraiment au démarrage, mais il y a déjà des enseignements à tirer de cette phase.

Nous poursuivrons avec Dominique PARET qui est le Responsable du service innovation et compétitivité du Conseil général de la Loire, avec un réseau ouvert depuis plus longtemps, mais sur un schéma un peu différent. Il nous en dira deux mots ainsi que sur les perspectives, au-delà de la commercialisation actuelle, et l’impact que cela peut avoir plus globalement en termes de développement de filières par exemple.

Puis viendra le tour de Pascal CAUMONT, Directeur technique d’Adista, et là, on arrive aux utilisateurs. Il ne s’agit pas de l’utilisateur final, mais de l’utilisateur opérateur, celui qui vient se servir de ce réseau ouvert pour desservir les utilisateurs finals. Il nous fera part de son expérience, de ses attentes par rapport aux réseaux d’initiative publique.

Et l’on terminera par un des grands acteurs de ce secteur à travers Cyrille LUNEAU, qui est le Directeur général de LDCollectivités. Il s’appuiera sur deux exemples de territoires assez différents : l’un très urbain, la Communauté urbaine de Bordeaux, et l’autre qui est un tissu plus diffus, l’Alsace, afin de montrer l’expérience acquise de l’impact de ce type de réseaux sur le marché des entreprises.

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Luc GRATIEN, Chargé de mission haut débit du Sicoval (CA Sud-Est Toulousain)

(cette présentation s’appuie sur un diaporama)

Je vais vous présenter le Sicoval très rapidement. Il s’agit d’une communauté d’agglomération limitrophe de Toulouse : 65 000 habitants ; une surface de 25 000 hectares ; 30 000 emplois, essentiellement concentrés sur deux sites d’activité économique, dont l’un regroupe 15 000 emplois sur 280 hectares. La communauté d’agglomération est idéalement desservie puisque nous sommes à la jonction des rocades Est et Ouest de Toulouse ; et la gare autoroutière en direction de l’Espagne se situe également sur notre territoire. Les emplois génèrent 28 millions d’euros, répartis à 60 % entre les 36 communes de la communauté de communes, et 40 % qui sont dédiés aux projets communautaires, dont le réseau haut débit.

En aparté : j’ai également été, pendant 25 ans, responsable de la conception, la réalisation et l’exploitation des parcs d’activité de cette communauté d’agglomération. Comme je savais amener et de l’eau et de l’électricité sur toutes les parcelles, on m’a demandé de me débrouiller pour amener le réseau haut débit de la même manière. Je suis donc devenu le référent réseau haut débit. C’est du reste souvent ce qui se produit dans nos petites structures : le spécialiste des VRD (Voirie, Réseaux et Divers) devient le spécialiste du réseau haut débit.

Nous allons nous axer sur une ZAC qui, en 30 ans, a accueilli 600 entreprises sur un parc de 300 hectares, et qui génère 80 % des revenus de la taxe professionnelle unique, répartie sur l’ensemble des communes. C’est « Labège Innopole » qui est juste à la frontière de Toulouse, avec une situation assez exceptionnelle, puisque le métro y débouchera en 2013. Inutile de commenter l’intérêt des entrepreneurs en immobilier pour venir s’y implanter d’ici cette date.

C’est une communauté d’agglomération plutôt avant-gardiste, malgré sa petite taille : nous avons un palais des congrès, un parc des expositions, des pépinières d’entreprises, des pépinières en biotechnologies, nous faisons donc tout l’accueil des entreprises, et nous avons une maison commune emploi-formation.

Il y a également 23 zones d’activité : trois qui sont récentes, qui ont une trentaine d’années, et une vingtaine que nous allons requalifier. Je suis chargé du projet de requalification de ces entreprises auxquelles nous devons notamment amener le réseau haut débit.

Rappel DSP (cf. diapo 2)

Le réseau haut débit s’appelle Cléo. Je me suis rendu compte, au travers de ces deux jours, que ce nom était déjà pris sur des réseaux haut débit, sur des intitulés de transport, mais ce n’est pas très grave.

Vous voyez en jaune ce que l’on appelle la boucle structurante. Cette boucle structurante est très abondante par rapport à notre demande parce que nous avions uniquement trois zones à desservir dans notre DSP : le parc du canal, Labège Innopole et l’Agrobiopôle. On va se polariser sur Labège Innopole. Nous avons étendu cette boucle structurante parce que nous avons d’autres petites zones sur le sud de la boucle, qui vont être desservies mais qui n’étaient pas encore réalisées. Sur les nouvelles ZAC, nous mettons donc systématiquement en place le génie civil du réseau haut débit qui est complètement différencié du réseau de France Télecom. Nous ne sommes pas amis avec France Télecom, je le dis haut et fort ici ; on a donc systématiquement des réseaux divergents. Nous avons une délégation de service publique. Avant de partir sur ce sujet, je voudrais ajouter que nous étions complètement incompétents sur la manière de fournir le réseau haut débit à l’ensemble de nos entreprises. Un cas comme le nôtre n’est sûrement pas isolé. Si aujourd’hui des gens veulent permettre aux entreprises d’être éligibles au réseau haut débit, ils doivent avoir un dossier de faisabilité, réalisé par des professionnels, aussi bien d’un point de vue technique, de prospective économique, que juridique. Si vous ne passez pas par cette étape, vous n’aurez pas de résultat. Nous concernant, nous avons voulu une équipe pluridisciplinaire car nous savions ce que nous voulions, mais nous ne savions pas l’exprimer correctement. Cette équipe pluridisciplinaire nous a soutenus sur le dossier de consultation, et je peux vous dire que le dossier de faisabilité que l’on a réalisé était excellent. Les membres de cette équipe sont ici présents et je voulais les féliciter.

Rappel DSP (cf. diapo 3)

C’est un projet que subventionne le Sicoval à hauteur de 1,9 million d’euros par une subvention dite fixe, qui a été négociée, à laquelle s’ajoute une subvention variable.

Pourquoi une subvention variable ? Parce que dans notre DSP, nous avons dit que nous voulions absolument, au même titre que l’électricité est partout disponible, que la fibre optique aboutisse dans les locaux techniques ou dans les colonnes montantes de tous les bâtiments. Il n’est pas question que, lorsqu’une entreprise demandera son raccordement au réseau haut débit, elle voie débarquer chez elle un tractopelle et qu’il lui faille un mois avec un devis de 5 000, 6 000 à 7 000 euros pour être raccordée. Dans la DSP, on a inclus la pénétration de la fibre optique dans l’ensemble des bâtiments. On a donc prévu une subvention variable, en imaginant qu’il y aurait 50 % de fourreaux disponibles et 50 % de fourreaux indisponibles. Aujourd’hui on est de l’ordre de 40 à 60 % à notre avantage, ce qui n’est pas mal. Donc on ne versera cette subvention que lorsque nous aurons la réception définitive. Nous avons également été subventionnés par le Conseil régional à hauteur de 440 000 euros. Le reste est à la charge du délégataire qui a créé une entreprise, COVAL Networks, pour la durée de la DSP, soit une durée de 20 ans.

Labège Innopole - les accords amiables (cf. diapo 4)

Voici notre zone, Labège Innopole. Pour y arriver, nous avons fait des campagnes de communication, du porte-à-porte ; il y a eu des conférences, des petits-déjeuners avec l’ensemble des entreprises, la difficulté étant de déplacer tous ces gens-là. Et c’est ce qu’il nous a fallu faire pour sortir cette carte avec, en vert, tous les bâtiments raccordables autorisés, et en rouge les refus irrémédiables, c’est-à-dire les gens n’ayant pas compris que le réseau haut débit apporterait sûrement quelque plus-value, ne serait-ce que sur leur bâtiment, sans parler de l’activité. Il est très difficile d’obtenir des gestionnaires ou des propriétaires l’autorisation de pouvoir emprunter leur génie civil : ils ne sont pas intéressés, ils ne sont pas payés pour cela, et ainsi de suite.

Etat de raccordement des bâtiments en génie civil (cf. diapo 5)

Nous avons trouvé la parade : nous avons relancé les propriétaires et les gestionnaires deux fois et nous avons relancé l’ensemble des entreprises et des locataires des bâtiments en leur disant : « si vous voulez la fibre optique au mois d’avril, sachez que vous n’êtes pas éligibles car votre propriétaire refuse que nous entrions dans les immeubles »... Et l’on a tout réglé en huit jours. Mais pour arriver à ce tableau et avoir toutes les autorisations, il nous a quand même fallu un an et demi.

Etat de raccordement des bâtiments de plus de 6 entreprises (cf. diapo 6)

On a également adopté le principe de raccorder systématiquement à la fibre optique tous les immeubles de plus de 6 locataires. On considère qu’en deçà, le premier qui le demande permettra au bâtiment d’être raccordé. Aujourd’hui, COVAL revoit un peu sa façon de penser, parce que déplacer des gens pour tirer de la fibre optique au coup par coup, paraît ne pas être très rentable. Ils sont donc en train de voir, économiquement, comment regrouper toutes ces interventions dans l’ensemble des bâtiments.

Proposition de sécurisation (cf. diapo 7)

Notre réseau est sécurisé. La boucle structurante que vous avez vue précédemment nous permet, en cas de rupture ou d’incident, quand on casse un câble d’un côté, d’être capables de repartir de l’autre. C’était aussi une des conditions.

Nous avons même une double sécurisation que nous avons pu négocier avec la communauté d’agglomération du Grand Toulouse. C’est-à-dire que l’on est capable, en cas d’incident de tout rebalancer sur leur cœur de réseau, et réciproquement s’ils ont un incident chez eux, ne serait-ce que pour l’entretien, ils peuvent tout repasser chez nous. On a donc deux sécurisations, l’une en boucle interne, et l’autre avec nos concurrents et partenaires du Grand Toulouse.

Tout le monde était d’accord sur le principe. Il faut 12 km pour sécuriser notre réseau, et 3 km pour celui du Grand Toulouse mais on n’a pas discuté finances : on est parti du principe que, techniquement, c’était indispensable, pour les uns comme les autres, et on a donc discuté uniquement de sécurisation de nos réseaux, ce qui n’est pas toujours évident entre partenaires.

Contrats opérateurs (cf. diapo 8)

Dans nos conventions et notre DSP, il y a trois types de contrats, sachant que COVAL Networks est un opérateur d’opérateurs. Ce sont donc des contrats qui concernent des opérateurs qui viendront s’implanter et travailler sur nos parcs d’activité.
- Un contrat de service de location de fibre noire dédiée aux opérateurs, mais également dédiée aux entreprises qui ont 1, 2, 3 ou 4 bâtiments sur nos parcs d’activité et qui veulent faire de la liaison entre leurs propres bâtiments.
- Un contrat de service de bande passante dédiée strictement à l’opérateur.
- Et un contrat d’hébergement puisque les opérateurs pourront être accueillis, ainsi que COVAL notre délégataire, dans un hôtel des télécoms que nous sommes en train de construire et qui sera livré en octobre. On pourra par conséquent avoir dans ce cœur de réseau, et notre délégataire et l’ensemble des opérateurs qui opéreront pour lui. On en est même à un stade où l’on pourrait peut-être déplacer les cœurs de réseaux de certaines DSP de façon à tout regrouper.

Labège Innopole (cf. diapo 9)

Quel attrait pour cette DSP ? Vous le voyez, c’est parlant : dans un rayon de 1 à 1,5 km maximum, nous avons la totalité des entreprises clientes. C’est donc une DSP attractive. Quand j’entends mes collègues dire que, d’une ZAC à une autre, ils doivent tirer 40 km de câble pour les raccorder... Cela n’est pas notre cas, au moins dans cette conception puisqu’on n’a pas encore tout câblé, mais toute la clientèle potentielle est dans un rayon d’1,5 km.

Sur les conseils de nos consultants, nous avons pris l’option PON, à titre expérimental. Pour y arriver, nous avons pris de notre côté et le délégataire de son côté, toutes les précautions utiles. C’est-à-dire que sur 15 équipementiers consultés, trois ont été retenus, pour lesquels nous avons fait des essais en laboratoire de simulation de l’activation de leur matériel PON. On avait des boucles de 20 km de fibre en labo et l’on a fait tous les tests dessus. A l’issue de ces tests nous avons choisi un équipementier qui va bientôt mettre le matériel en place. On a un peu de retard par rapport à nos délais, parce qu’il va nous livrer le matériel de dernière génération au mois de juillet seulement. On a préféré perdre trois mois plutôt que d’installer un matériel obsolète et qui aurait nécessité des interventions.

Offre spécifique pour les opérateurs présents sur Toulouse (cf. diapo 10)

Je ne rentrerai pas dans le détail des tarifs, cela relève strictement du délégataire, mais nous avons voulu montrer un peu de quelle manière nous travaillions. Nous avons un forfait annuel d’hébergement qui est de 7 216 euros et notre délégataire a mis en place des tarifs dégressifs : sur un forfait IRU de 15 ans, on monte à 36 000 euros, ce qui, ramené à l’année, permet des économies d’échelle assez importantes.

Lors de nos discussions et négociations, la demande de participation est tout de même montée à 6 millions d’euros. Au bout de deux ans, nos négociations ont permis d’inverser la tendance et l’on est tombé à un montant compris entre 1,8 et 2,2 millions de subventions. Les négociations sont donc très importantes à notre niveau car il y a des moyens que l’on s’accorde, mais que l’on n’a pas le droit de dépasser. Lors des négociations, il est bien sûr indispensable d’avoir un support technique, juridique et économique, au travers de personnes compétentes. Les gens comme nous ne sont capables de négocier et de faire baisser les demandes de subventions, car il n’y a aucun argument compétent de notre part.

Les offres de type « Fibre optique » - modifications principales (cf. diapo 11)

Nous avions effectivement une grille tarifaire. Mais celle qui était prévue et proposée il y a trois ans, a été révisée aux vues de l’économie locale et des demandes. Une grille tarifaire n’est pas immuable ni irrémédiable, elle est donc susceptible d’évoluer. Cela se discute, au fur et à mesure, en fonction de la conjoncture économique ou de la localisation de l’ensemble des entreprises. Une limitation a été introduite avec des tarifs forfaitaires élevés pour des longueurs minimales inférieures à 4 km. Ces forfaits, qui rendent le prix de la FO très élevé sur de très courtes distances, sont destinés à éviter une multiplicité d’achats de locations de fibre. On s’est rendu compte aujourd’hui que certains opérateurs, il n’y en a pas beaucoup, profitaient de cette grille tarifaire pour exploiter largement les défauts de l’ancienne grille.

Nous avons donc mis des barrières. Nous avons même été au-delà. Pour l’anecdote : nous avions mis en place, sur notre site internet, une présentation de l’ensemble des opérateurs susceptibles d’intervenir, pour que nos entreprises, auprès desquelles nous avions mené une campagne d’information, puissent les mettre en concurrence en fonction de leurs compétences. On a réalisé que cela marchait bien et mal à la fois : bien parce qu’elles les ont effectivement mis en concurrence, et mal parce qu’on s’est rendu compte qu’il y avait des opérateurs qui revendaient tout simplement de l’ADSL. On donc fermé le robinet et aujourd’hui, les propositions commerciales passent systématiquement par notre délégataire et non par l’opérateur. Ainsi on a plus de maîtrise de l’ensemble des propositions.

Les offres de type « LAN to LAN » - modifications principales (cf. diapo 12)

Là encore, il y a eu des modifications par rapport à notre catalogue initial.

L’offre de bande passante « monosite » :
- Pour les frais d’accès aux services, on a une proposition qui est en hausse, mais on a demandé que toutes les cautions soient intégrées. C’était une gestion assez pénible pour peu de résultats.
- Positionnement tarifaire plus pertinent, avec des tarifs dont l’agressivité augmente avec le débit. Effectivement, quand on demande un petit débit de 1 Mbit/s, il y a un prix. On peut aller jusqu’à 10 Gbit/s, c’est exceptionnel bien que l’on ait déjà des clients à 4 Gbit/s, et l’on a des tarifs dégressifs en fonction de l’augmentation des débits demandés. L’offre bas débit de 2 Mbit/s est la plus demandée aujourd’hui, encore que l’on se rende compte que les gens deviennent rapidement plus gourmands. Dans nos derniers échanges, le délégataire nous a indiqué qu’il n’avait pas l’intention d’augmenter les tarifs en même temps que les débits. Par exemple : une offre de 1 Mbit/s à 10 euros aujourd’hui, pourra devenir dans quatre ans une offre 2 Mbit/s pour 10 euros également. On jouera donc là-dessus.

L’offre de bande passante « multisite » : c’est l’exemple du Sicoval. Il y a des bâtiments sur Labège Innopole et d’autres à l’extérieur. Nous avons donc une proposition « multisite » qui permet, lorsqu’il y a un siège avec des satellites, des dégrèvements qui peuvent aller jusqu’à 30 à 50 % sur l’ensemble des tarifs proposés.

Les offres de type « LAN to LAN » (cf. diapo 13)

Un comparatif a été fait sur les tarifications.

La courbe la plus haute représente la première proposition de grille tarifaire de Covage (Sicoval). Nous avons pendant un an et demi discuté des tarifs, en dehors des négociations, pendant la réalisation de la DSP et des travaux, et nous sommes aujourd’hui sur la courbe la plus basse, Covage (nouveau), car on a considéré qu’il y allait de l’intérêt de l’entreprise et qu’il y avait tout un vivier qui permettait de rentabiliser cette DSP.

Pour preuve, nous avons accueilli récemment une entreprise, qui est venue de Toulouse parce qu’il y avait effectivement un réseau haut débit. Lorsqu’elle s’est implantée chez nous, bien qu’elle ait doublé son personnel, elle avait toujours la même facture télécoms. Il s’agit de VEGA Technologies, qui travaille avec les Etats-Unis, l’Allemagne et l’Espagne.

Perspectives commerciales (cf. diapo 14)

Je reviens sur la boucle Labège Innopole : c’est 600 entreprises sur un rayon de1,5 km ; 260 bâtiments, sachant que nous avons une progression d’environ 10 bâtiments par an. Le métro va débarquer en 2013, ce qui implique que nous devons réviser l’ensemble de nos plans d’urbanisme, pour monter des centres d’affaires autour de ce métro. COVAL a donc encore de beaux jours devant lui.

Etat des lieux (cf. diapo 15)

Aujourd’hui nous avons beaucoup de contacts, mais peu de signatures : cela va se faire l’année prochaine, parce que les gens sont déjà abonnés et qu’il faut que leurs abonnements tombent. Aujourd’hui ce que l’on sait, c’est que toutes les propositions qui sont faites avec un débit symétrique sont de l’ordre de 30 à 50 % moins chères que les opérateurs avec lesquels ils travaillent aujourd’hui.

C’est une petite partie, nous avons approximativement 25 opérateurs intéressés, aussi bien des nationaux que des locaux. Covage s’est engagé à supporter les locaux. Nous avons une petite société qui s’appelle Fullsave, portée par COVAL, qui fait des propositions. Ce sont effectivement des gens attractifs, de bonne volonté, c’est-à-dire que même lorsqu’il y a encore du chantier, dans les nouveaux bâtiments, ils sont présents. Nous avons aussi, je viens de l’apprendre, la société Adista qui vient de s’implanter et va faire partie de nos opérateurs. Nous avons donc toute une palette d’opérateurs sur notre secteur.

Je conclurai avec une phrase mémorable du chef de projet de la DSP de COVAL qui dit : « la DSP du Sicoval, c’est du bonheur ! » Merci de votre attention.

Patrick VUITTON
Merci. Tout le monde l’a compris, il s’agit d’un réseau un peu différent de ceux que l’on installe classiquement, où l’on met un point de présence dans une zone d’activité et où l’on tire au fur et à mesure des fibres. Là, on va d’emblée desservir l’ensemble des abonnés, et il y a aussi l’utilisation de la technologie PON qui permet de gérer les débits, les qualités, etc., de manière beaucoup plus souple que sur les autres types de réseaux. Je pense que l’on reviendra dessus un peu après l’ouverture pour faire le bilan en termes de commercialisation, afin de voir si cet investissement supplémentaire par rapport à un investissement au coup par coup, mais qui permet aussi de baisser les coûts, a trouvé complètement son public. Il est vrai aussi que les entreprises qui sont présentes dans ce genre de zones sont typiquement des entreprises qui ont beaucoup de besoins télécoms, en proportion de leur taille et du nombre de salariés. C’est une des grosses difficultés de ce marché entreprises, comme vous avez pu le voir sur une des diapositives, les besoins des entreprises sont très différents en fonction des secteurs d’activité. Il y a des gens qui sont potentiellement grands consommateurs.

Dernier point : le Sicoval a fait l’objet d’une décision de la Commission européenne assez intéressante, reconnaissant qu’il y avait bien une aide d’Etat, puisqu’il y avait une subvention dans une zone où existait déjà au moins un opérateur de télécoms, mais que cette aide d’Etat était compatible avec les critères de Lisbonne. Car en effet, il y avait un tel manque de concurrence et de diversité d’offres au niveau des entreprises, qu’il y en allait de la compétitivité de ces entreprises et que cela justifiait une aide publique. C’est une décision extrêmement intéressante de la Commission européenne.

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On va enchaîner avec Dominique PARET, du Conseil général de la Loire, qui a une expérience un peu plus longue mais sur un réseau un peu différent.

Dominique PARET, Responsable du service Innovation et compétitivité, Conseil général de la Loire (

(cette présentation s’appuie sur un diaporama)

Il me paraît en effet intéressant de dresser le bilan après 2 ans d’expérience de ce beau voyage. Par rapport aux discussions que j’ai entendues ce matin, sur le fait d’y aller ou pas, de laisser faire le privé... C’est le discours que l’on nous a tenu, il y a quatre ans, concernant les problématiques de desserte fibre entreprise : on nous disait de laisser faire les opérateurs privés et d’aller compléter sur les zones d’activité et sur les quartiers d’affaires où les opérateurs ne seront pas présents. On a quand même souhaité partir sur ce champ-là, et bien nous en a pris. Vous constaterez à travers ce bilan que, ce qu’il faut retenir avant tout, c’est que l’on nous proposait des solutions alors que l’on ne connaissait pas les problèmes, et aujourd’hui on est plutôt content d’annoncer que les problèmes, on les connaît très bien, et que notre solution était la bonne.

Pourquoi le THD (1/2) (cf. diapo 3)

Quand une collectivité intervient dans le domaine du très haut débit pour les entreprises, il faut avoir une approche plus économique, liée à un produit qui est le territoire. Ce territoire a bien d’autres choses que des infrastructures sur son périmètre géographique, il ne se limite pas forcément à ses frontières administratives : il doit disposer de services, de compétences, de savoir-faire technologiques, donc de formations de haut niveau et également d’infrastructures. Mais en fait, Pierre-Eric SAINT-ANDRÉ l’a bien expliqué par rapport à l’attractivité vis-à-vis des entreprises, c’est une condition nécessaire mais pas suffisante, car il convient de trouver les solutions pour assurer un transfert entre le monde de l’entreprise, le monde économique, et cette offre territoriale.

Aujourd’hui, dans ce monde économique, on va avoir deux types d’entreprises, c’est un peu caricatural, mais on le retrouve dans tous les cas de figure, y compris sur des territoires beaucoup plus riches que le nôtre :
- Des entreprises leaders, qui historiquement se sont installées pour des raisons de création à l’origine : c’est le cas chez nous pour Casino, qui a été créé à Saint-Etienne et qui y a toujours son siège mondial. Mais cela représente entre 30 et 40 entreprises sur la plupart des territoires de province.
- Et puis on a les réseaux d’entreprises. Ce sont eux qui font la richesse d’un territoire, c’est là que sont les collaborations, que les réseaux de sous-traitants se mettent en place, bien qu’aujourd’hui ils vivent des grosses difficultés, et là qu’ils apportent une réponse à des plans comme Power 8, par exemple. Et la réponse n’est pas forcément Loire, mais Rhône-Alpes.

C’est bien d’avoir un produit territorial, un produit économique qui recrute, qui maintient ou créé des emplois, mais tout cela, c’est pour attaquer le marché. Une dimension qui est trop souvent sous-estimée, par rapport à l’appétence notamment des PME vis-à-vis des réseaux très haut débit, c’est justement qu’elles n’ont pas encore pris conscience de l’importance de la gestion de l’information dans leur compétitivité, même si elles sont encore sous-traitants de niveau 3.

Tout cela doit se faire selon deux axes, un axe qui oblige à gérer au mieux l’information et un axe qui est la vitesse. Pour information, dans le service que je dirige, on suit toutes les activités de recherche et les pôles de compétitivité qui concernent la Loire et qui se trouvent souvent d’ailleurs à l’échelle rhône-alpine, voire Massif-Central. On s’est rendu compte qu’avant il nous fallait à peu près un an pour prendre des décisions sur des gros dossiers à échelle d’un million d’euros sur des projets de recherche publics/privés, alors qu’aujourd’hui on réfléchit à réduire ce délai à 6 voire 3 mois. Car le marché va de plus en plus vite, y compris dans le domaine industriel, je pense notamment à la mécanique, puisque l’agglomération stéphanoise est la deuxième région mécanicienne en France après l’Ile-de-France. Les cycles ne sont plus du tout les mêmes, on est donc obligé de s’adapter, que cela soit les entreprises ou la collectivité.

Pourquoi le THD (2/2) (cf. diapo 4)

Cette approche de réseaux d’entreprise est très importante car c’est un facteur déterminant dans la diffusion de l’offre très haut débit auprès de ces acteurs économiques. On va retrouver trois niveaux qui correspondent à des niveaux de maturité, des niveaux d’intérêt commun :
- Les clubs d’entreprises : là, c’est plutôt une logique d’échange, au maximum on gère nos déchets ensemble, c’est souvent le cas par exemple sur les zones d’activité. Beaucoup de clubs se sont créés sur des logiques géographiques.
- Des pôles de compétences sectoriels : ce sont tous les labels SPL qu’a mis en place la DIACT.
- Et puis les pôles de compétitivité.

L’enjeu, pour le territoire, est de faire le lien entre ces trois niveaux. Parce que, à chacun de ces niveaux, l’on aura une application totalement différente en termes de développement de l’entreprise.

Je suis très préoccupé par un point : j’assiste en parallèle à des réunions de ce type dans le domaine des pôles de compétitivité. Là, le problème du FTTH ou du FTTB n’est jamais abordé et pourtant il y a des pôles de compétitivité mondiaux qui sont présents. Alors que, dans le cahier des charges des pôles de compétitivité, qui est voulu par le gouvernement, c’était un des paramètres indispensables. Aujourd’hui on se retrouve un peu seul, alors je suis très content que mes collègues de Drôme-Ardèche nous rejoignent dans ce combat rhône-alpin. Mais c’est très inquiétant dans la mesure où l’on se rend compte que nos sous-traitants ont plus de facilité à travailler avec des donneurs d’ordres à l’étranger qu’avec des donneurs d’ordres situés à Grenoble par exemple, parce que nos PME ont plus de débit avec eux. C’est un cri d’alarme que je lance, je pense qu’il y a un manque de préoccupation à ce niveau-là.

Réponse de la Loire - Réseau LOTIM (Loire Télécom Infrastructure Mutualisée) (cf. diapo 5)

La réponse qui a été apportée est une DSP concessive qui a été signée avec la société Axione. Cette DSP est vraiment focalisée sur la problématique fibre optique et entreprises. Le résidentiel a été traité à la marge au niveau du dégroupage de quelques NRA, et il le sera certainement dans le futur dans le cadre d’extensions FTTH, mais pour l’instant c’est vraiment un projet orienté vers le monde économique.
- 114 zones d’activité sont prééquipées au niveau du câblage optique en limite des domaines publics/privés des parcelles des entreprises.
- L’ensemble des frais de génie civil de raccordement est pris en charge par le concessionnaire, cela n’impacte donc pas les frais d’accès au service de l’entreprise.
- Sur le réseau, voici un chiffre un peu communiquant : 20 000 entreprises sont éligibles. Mais parmi elles, il y en a environ 5 000 dont on peut considérer que ce sont des PME de plus de 50 salariés, le reste étant des PME voire des TPE, sur lesquelles j’évoquerai des pistes de réflexion. Il conviendrait en fait de réfléchir peut-être à une évolution de l’offre.
- Une quinzaine d’opérateurs « usagers » du réseau.
- Fait très important, on a souhaité que ce réseau soit cohérent avec les schémas d’orientation au niveau du territoire, notamment les SCOT, pour une raison très simple : aujourd’hui, y compris sur un même territoire, c’est souvent la guerre entre les collectivités pour accueillir telle ou telle société. Le fait d’avoir un réseau qui soit « béni des Dieux » par l’intermédiaire du SCOT permet de hiérarchiser les zones d’activité, de flécher l’installation d’entreprises, et d’être un peu plus professionnel vis-à-vis de la prospection.
- Enfin, point très important, on a fait le choix délibéré, qui nous a valu d’être beaucoup critiqués au départ, de ne pas avoir d’offre de location fibre noire sur les zones d’activité. C’est une offre de gros « ligne d’accès ». Car à l’échelle d’autant de zones, et avec l’existence d’offres extra-zones, puisque les entreprises sont aussi éligibles au raccordement avec les 625 premiers mètres offerts à l’opérateur donc à l’entreprise, cela n’aurait participé qu’à l’écrémage. Il y a eu des tentatives, Casino a par exemple lancé un très gros appel d’offres en sélectionnant des prestataires au préalable, puisque Casino comme toute la grande distribution, fait des enchères hollandaises : il sélectionne donc sur la qualité d’un mémoire technique des opérateurs, qui ont ensuite deux heures pour faire des propositions sur internet. Ils prennent le moins-disant, enlèvent 25 %, et ils refont une enchère montante. C’est donc quand même assez violent. Cela va se faire aussi avec l’automobile très prochainement vis-à-vis de sous-traitants mécaniques. Ces réseaux participent aussi à une certaine réactivité, notamment des PME. Pour toutes ces raisons-là, on n’a pas souhaité faire de location de fibre noire, qui en fait aurait participé à l’écrémage d’un marché qui l’était déjà un peu, puisque malgré le partenariat très pertinent que l’on a pu mettre en place avec la ville de Saint-Etienne, les opérateurs avaient déjà un peu choisi leurs zones à desservir, y compris en 2004.

Premier bilan (1/2) (cf. diapo 6)

Pour nous il est extrêmement positif dans la mesure où l’on est sur un domaine qui est nouveau. Notre tissu industriel est en train de vivre une grande mutation, notamment grâce aux actions de la ville de Saint-Etienne et de son agglomération dans le domaine du design, de l’ingénierie ; des grands centres de recherche ou des centres de ressources à vocation internationale se sont récemment installés, mais cela reste quand même un tissu qui a davantage l’habitude de dépendre que d’anticiper.

Néanmoins, aujourd’hui on se rend compte que, sur tous les grands comptes et PME de plus de 250 employés, la réponse à l’offre a été extrêmement positive, cela a été un basculement quasi immédiat. On a vu des grands comptes résilier leur ligne avec France Télécom pour basculer chez les opérateurs locaux par exemple, ce qui paraît très étonnant quand on connaît leur façon de procéder. Et l’on voit aussi des PME de plus de 250 employés et des grands comptes qui, grâce à ces réseaux, ont capacité d’investir sur le territoire. Casino a ainsi créé deux Data Centers sur le territoire de la Loire : il aurait certainement fait le premier puisque son siège mondial est à Saint-Etienne, et qu’une partie de sa DSI y est, mais sans doute pas le deuxième. L’effet est aussi indirect par rapport à toutes les entreprises qui ont travaillé à la construction de ce Data Center.

En revanche, c’est différent pour les TPE et PME de moins de 250 employés, qui ont été peu ou mal adressées même si la barrière a tendance à baisser dans la mesure où l’on a une forte présence d’opérateurs locaux et des opérateurs nationaux qui commencent à se réveiller. Cela se voit très rapidement. On a une grande chance à Saint-Etienne et dans la Loire, c’est que l’on est à 50 km de Lyon. Il est intéressant, en termes de densité, d’avoir une agglomération qui est plus importante que celle de Milan. Le gros inconvénient, c’est que la plupart des sociétés mettent une agence à Lyon et se disent que Saint-Etienne, c’est à côté. Mais le commercial est ainsi fait que, si finalement il a suffisamment de business sur Lyon, il n’ira pas à Saint-Etienne. Les opérateurs avaient donc quasiment supprimé toute leur présence commerciale, mais pour vendre c’est quand même bien d’avoir des commerciaux ! Et là, ils remettent en place cette force commerciale. Cela signifie que finalement, nos chers petits opérateurs locaux, qui passaient pour de petites sociétés, TPE, qui utilisaient au mieux les RIP, ils ont aussi servi d’aiguillon. Force est de constater qu’aujourd’hui ils ont beaucoup à apprendre aux opérateurs nationaux sur ces segments-là.

Il est donc vrai que le développement de nombreux opérateurs locaux a beaucoup servi au réseau en phase de démarrage, le temps que les opérateurs nationaux arrivent sur le réseau et prennent conscience de l’opportunité. On est persuadé qu’avec le projet qui va bientôt se lancer sur Drome-Ardèche, à trois départements qui en plus ont une vraie cohérence territoriale, il y aura sûrement une appétence beaucoup plus forte de ces opérateurs nationaux pour prospecter sur le terrain.

Avant-dernier point à retenir : le projet a instauré une vraie concurrence et une baisse des prix plus que significative. Il faut savoir qu’il y a encore deux ans, une offre 10 Mbit/s symétrique sur fibre était facturée par les opérateurs nationaux entre 2 500 et 3 500 euros par mois, plus les frais de génie civil. Aujourd’hui, ce sont des offres qui sortent à 650 euros par mois, sans frais de génie civil. Le constat est donc très simple : on a eu une diminution quasiment par quatre. Bien entendu, le marché réagit. Sur la baisse des prix, on a constaté que même avec un prix de gros très agressif, l’opérateur qui vendait à 3 000 euros, achète au marché de gros à 450 euros, va revendre à 1 500 ou 2 000 euros et il dit à son client qu’il lui fait 1 000 euros de réduction. C’est fantastique, le client est content, et l’opérateur gagne toujours bien sa vie, même parfois mieux. Au départ, cela nous a beaucoup inquiétés et en fait cela se lisse très rapidement, dans la mesure où le territoire est un écosystème très réduit à l’échelle d’un département : les chefs d’entreprises se parlent, que cela soit dans les chambres consulaires, les réseaux d’entreprises et, très rapidement, ils ont accès au catalogue de la concession... Vous imaginez, pour un patron de PME, l’intérêt de connaître le prix de gros de son fournisseur, quelqu’un qui est toujours sous pression vis-à-vis de ses donneurs d’ordres, c’est extraordinaire pour lui ! On a donc des patrons de PME qui commencent à se passionner pour l’achat télécoms.

Dernier point : on considère que ce projet a modifié la loire « génétiquement ». On a un territoire qui a eu la première autoroute de France, cette autoroute malheureusement entre Lyon et Saint-Etienne est resté la même depuis sa création et il y a d’énormes difficultés ; on a eu la première voie ferrée mais, de la même façon, elle est restée la même et les TGV roulent à 60 km/h ; on a inventé le vélo moderne, c’était Mercier, mais on a loupé le VTT ; on avait Manufrance et on n’est pas passé sur le commerce électronique... Au bout d’un moment, cela ressemble un peu à un déterminisme de l’échec et l’on se dit : « que peut-on faire » ?

On a remarqué que ce projet-là, en grande partie d’ailleurs grâce à l’effet de notre partenaire privé et la collaboration avec les acteurs du territoire, ainsi que la Cité du Design ont fait que le territoire est en train de se métamorphoser. Aujourd’hui on a des gens qui recommencent à croire à l’innovation, on a des PME qui font de l’innovation ascendante. Il y a encore 2 ou 3 ans, jamais un groupe de PME ne serait allé voir son donneur d’ordres en lui disant, « on vous propose d’améliorer cela dans votre produit ». Ils auraient eu peur de se faire « jeter » et qu’on leur dise de rester sous-traitants de niveau deux. Aujourd’hui ce sont des gens qui osent. C’est peut-être aussi parce qu’il y a des structures d’accompagnement efficaces, qu’au niveau de la région Rhône-Alpes, il y a eu beaucoup d’efforts pour fédérer tous les acteurs au niveau des différents secteurs d’activité. Mais il y a un vrai effet levier. Le dernier, c’est que l’on avait une petite école d’ingénieurs télécoms à l’université : à la signature du contrat de concession, on a pensé essayer de la faire évoluer en lien avec l’activité de très haut débit. Aujourd’hui, cette école est devenue partenaire du Groupement des Ecoles Télécoms et de l’Ecole des Mines, et elle va créer un pôle scientifique dans le domaine des TIC sur Saint-Etienne avec tous les laboratoires de l’Ecole des Mines en France. On se dit que ce n’est pas un hasard, cela a peut-être joué pour très peu, mais cela a peut-être été le facteur déclenchant pour redonner confiance.

Premier bilan (2/2) (cf. diapo 7)

La Chambre régionale des comptes va venir me voir et les questions seront toujours les mêmes : combien avez-vous dépensé par citoyen, par foyer, par entreprise ?... On va faire des ratios, etc. Sur des projets qui durent 20 ans, voire plus, il est quand même difficile de raisonner ainsi au bout d’un an exploitation.

Un premier impact qui me paraît très intéressant est le fait que, j’ai l’impression que les collectivités locales couraient toujours à traduire les investissements d’infrastructures dans du développement local. On nous annonçait qu’il allait y avoir une autoroute, et l’on réfléchissait seulement après l’arrivée de l’autoroute à la façon de créer des zones d’activité. Aujourd’hui, c’est exceptionnel parce que l’on a la capacité d’anticiper. Et l’on a la maîtrise : aujourd’hui, si l’on a des PME innovantes qui ont des besoins en termes de télécoms, de partage d’applications, d’asymétrie sur la fibre (cela peut paraître choquant mais c’est un vrai besoin que les opérateurs nationaux ne peuvent pas mettre en œuvre seuls, car cela refond leur ingénierie)... Grâce à ces RIP, la collectivité peut le faire, à partir du moment où l’offre est disponible pour tous les opérateurs. On est donc capable de gérer notre propre autoroute, de l’amener où l’on veut, de passer de 4 à 8 à 12 voies quand on le veut et de faire rouler les véhicules que l’on veut dessus. Cela, je pense que c’est historique dans le domaine de l’intervention des collectivités.

Deuxième impact : mon activité aujourd’hui est un peu bizarre, je passe de l’agro-alimentaire, à l’optique, à la mécanique en passant par le numérique... On s’est rendu compte que les RIP étaient un modèle d’intervention qui finalement reposait sur quelque chose que tout le monde connaissait, les partenariats publics/privés, mais qui en fait étaient très mal utilisés par rapport aux partenariats et aux modèles. Sur le territoire, on a les gens de la logistique qui réfléchissent à mutualiser du combiné routier/ferroviaire, avec des modèles très proches en fait des catalogues de gros que l’on trouve dans nos concessions télécoms. J’assiste à ces réunions, c’est amusant, et je vois SNCF qui tient exactement le même discours que France Télécom il y a 5 ou 6 ans : « ne faites pas, je vais faire ; de toute façon les autres ne sont pas compétents ; j’ai une offre, mais on ne me l’a pas demandée ». C’est la même chose sur l’agro-alimentaire, sur les analyses vétérinaires. Aujourd’hui par exemple, les PME de l’agro-alimentaire ont d’énormes difficultés à trouver des laboratoires présents à proximité pour faire des analyses de leurs produits.

Je rends hommage à l’Avicca, parce que grâce à elle j’ai rencontré mes collègues de Saint-Etienne, c’est quand même paradoxal ! C’est à Paris que j’ai pu discuter pour la première fois avec eux d’un partenariat. Je pense que ce message de la mutualisation, de la collaboration avec le privé, avec les entreprises, il est porté par l’Avicca. Et il serait très intéressant que des équivalents de l’Avicca existent dans d’autres domaines, ou que l’Avicca crée des filiales peut-être ! C’est très important parce que ce sont des modèles sur lesquels on dépense moins d’argent, où l’on est sur du mode coopératif, avec les entreprises du territoire, et ce sont des modèles qui génèrent de l’activité sur le territoire.

Le troisième impact est sur les pôles de compétitivité et les actions collectives. Dans la Loire, on est concerné par pas mal de pôles de compétitivité : on a une antenne de Minalogic, le pôle de compétitivité mondial de Grenoble dans les nano technologies ; on a aussi ViaMéca, un gros pôle de compétitivité mécanique... Et l’on a la chance d’avoir des réseaux d’entreprises sectoriels très bien structurés puisque l’on a 8 réseaux qui rayonnent aux niveaux soit régional soit départemental, et notamment un réseau numérique qui est en train de bâtir un fort partenariat avec son équivalent Drôme-Ardèche. Aujourd’hui, ces pôles et ces réseaux sont en train d’imaginer des usages. Dassault Systèmes a annoncé qu’il aimerait rendre libres ses environnements de conception 3D. Cela, c’est un enjeu formidable pour les RIP, dans la mesure où selon nos analyses, le premier facteur qui va faire aller les PME vers le très haut débit c’est que le donneur d’ordres l’impose, le deuxième facteur est de pouvoir bénéficier d’environnement de conception dans lesquels elles puissent travailler en mode 2.0 avec leur donneur d’ordres, sans dépendre de plans, et de pouvoir utiliser des logiciels qui sont fort coûteux. Il faut savoir qu’une suite SolidWorks avec les stations, reviendra à 30 000 euros pour une PME et elle devra réinjecter 10 000 euros dedans chaque année. Pour quelqu’un qui a un business récurrent, cela ne pose aucun problème. Pour une PME qui doit être en capacité de suivre les cycles de commande de son donneur d’ordres, c’est plus compliqué. Il y a donc là des enjeux phénoménaux de partage d’applications sur des réseaux qui ont un gros avantage : on peut raisonner comme une zone d’activité étendue. Aujourd’hui, potentiellement, les 20 000 entreprises adressables, de la plus petite à la plus grosse, sont sur une même zone d’activité et, j’irai même plus loin, sur un même réseau Ethernet. Les coopérations, locales dans un premier temps, voire avec d’autres territoires ensuite, notamment les plus proches qui ont choisi le même concessionnaire, sont extrêmement intéressantes.

Le dernier impact, c’est l’attractivité renforcée. Quand on prospectait il y a 2-3 ans, on avait tendance à dire qu’on était plutôt en Ligue 2, même si je suis fier de rappeler que Saint Etienne jouera la coupe d’Europe l’année prochaine ! Du coup on accueillait des petites sociétés, et l’on était en concurrence avec des villes de la taille de Saint-Etienne ou de Roanne, etc. Du fait d’avoir ces infrastructures aujourd’hui, on est très surpris de se rendre compte que, sur des installations de bureaux d’études en lien avec notre activité économique (le design industriel, l’ingénierie des surfaces, ou des procédés avancés de fabrication), on est en compétition avec Birmingham, Barcelone, Milan !... Il est vrai que, 9 fois sur 10, on n’est pas retenu : imaginez le chef d’entreprise américain qui dit à ces collaborateurs « vous allez à Andrézieux... », cela n’est pas super sexy ! S’il leur dit qu’ils vont à Barcelone, cela l’est plus ! Néanmoins, rien que le fait d’être short-listé, et d’avoir à monter ces dossiers dans une logique de performance beaucoup plus importante, c’est un point très positif.

Aujourd’hui on a une croissance des raccordements d’environ 30 % par trimestre. Une ligne sur deux est optique, l’autre étant en cuivre et en SDSL, sachant que cela a plutôt tendance à être supérieur en optique. Ce qui plombe un peu les chiffres, c’est le fait que l’on a sur le réseau des opérateurs comme Altitude qui vendent beaucoup de SDSL dans le cadre de VPN français et qui, s’ils avaient eu à traiter l’entreprise individuellement, auraient plutôt basculé sur fibre. En fait, ils ont leurs accords globaux et ils vendent du SDSL pour tous les sites. Néanmoins, alors que l’on nous avait dit qu’il n’y avait pas de besoin, il est quand même frappant que l’on arrive à ce type de ratio, 1/2 en fibre. Ce qui est intéressant, c’est de voir comment on traduit cela derrière, à la fois en termes de modèle, et en termes d’utilisation de la fibre optique sur le territoire.

Etude de cas (1/3) (cf. diapo 8)

Un petit exemple avec le Centre des Procédés Avancés de Fabrication de Saint-Etienne (CPAF). Dans ce centre il y a l’Ecole des Mines, l’UIMM (Union des Industries et Métiers de la Métallurgie) et une école d’ingénieurs locale. Il travaille avec des entreprises allemandes pour partager des machines qui sont un peu spéciales : avant, dans le monde de la mécanique, on faisait des trous dans la matière, là, ces machines font de la matière autour des trous. C’est un peu perturbant intellectuellement la première fois qu’on nous l’explique, notamment quand on n’est pas mécanicien comme moi, mais quand on le voit, on comprend tout de suite le lien avec le numérique.

Leur problématique est d’avoir du mode d’accès distant partagé, et d’avoir accès à des processus de coconception et de cofabrication partagées. C’est donc une problématique réseau qu’il faut traiter : comment donner accès aux ressources, sachant que souvent les machines bénéficient beaucoup de protections intellectuelles et industrielles, il y a donc des expertises pour garantir la sécurité de l’accès distant, et puis aussi comment gérer une localisation géographique, on ne peut pas travailler qu’avec la Loire, ou Saint-Etienne, il faut pouvoir avoir un périmètre d’intervention relativement large en termes de connexion. En termes de données, il faut gérer des ressources immatérielles, notamment toute la gamme des logiciels de conception, indispensables à ce type de machines qui ne travaillent qu’en fabrication assistée par ordinateur. Et puis en termes d’organisation, il faut gérer le fait que, dans une grappe, les entreprises vont devoir collaborer entre elles et faire appel à la machine de façon séquentielle. L’idée est de répondre, en s’appuyant sur le réseau LOTIM, à toutes les problématiques de la chaîne de valeur en partageant les outils de conception, de prototypage et les outils de fabrication. C’est un véritable enjeu pour nous, sur les trois années qui viennent. On peut même dire que, à la limite, c’est le LOTIM phase 2. Parce que, dans chacun des secteurs d’activité, que cela soit dans l’ingénierie de surface, la mécanique et l’ingénierie santé, qui sont les trois gros pôles dont on dispose, les mêmes problématiques se posent avec des tailles de PME équivalentes et des liens en plus. Ce projet est la suite logique du projet fibre/entreprises, c’est une traduction dans les modes de coopération, pour aller plus loin dans la mutualisation. Bien entendu on ne va pas demander à Axione de gérer des machines mécaniques en temps partagé, mais il y aura une continuité entre les deux projets.

Pistes de réflexion (cf. diapo 11)

Quelques pistes de réflexion pour finir. On a beaucoup fait de démarche descendante, c’est-à-dire que l’on a imaginé des catalogues de services au niveau des collectivités, qui étaient un juste compromis entre un petit côté innovant qui permettait à des opérateurs locaux de se positionner et aussi le fait qu’il fallait être en capacité de coller aux impératifs des offres nationales des gros opérateurs. Je pense qu’aujourd’hui ce stade est dépassé, compte tenu du fait que les sociétés qui sont aujourd’hui adressées par ce marché-là, soit ont été raccordées, soit vont l’être. Comme le disait mon collègue, c’est un problème parce qu’elles ne veulent pas casser leur contrat actuel. Aujourd’hui il faut se préoccuper de ce qui reste, et pour cela nous sommes convaincus qu’il faut procéder dans une logique d’innovation ascendante. Car aujourd’hui les offres télécoms ne répondent pas aux problématiques de coopération, ou en tout cas à des tarifs trop élevés. Les offres télécoms ne répondent pas non plus à des problématiques de flux : comment faire en sorte que la connexion s’adapte au rythme de vie de la PME, qui va avoir des cycles parfois ultra-violents de charge, et de coopération, et qui ne va pas pouvoir s’engager dans un budget, ne serait que de 1 000 euros par mois, si elle a ce type de cycles ? C’est aussi s’adapter à des problématiques de formation et de multiservices. Je suis très content de citer en exemple l’étude réalisée par le Comptoir des Signaux sur les problématiques de réseaux FTTH. C’était la première fois que j’entendais parler de multiservices. C’est de mon point de vue l’enjeu, notamment par rapport aux services que l’on va apporter à nos entreprises, c’est-à-dire pouvoir avoir plusieurs opérateurs sur une même fibre. C’est aussi un enjeu par rapport à la rentabilité des réseaux d’initiative publique, car, qu’on le veuille ou non il y a toujours cette notion de rentabilité, pour pouvoir générer plus d’ARPU sur une même ligne. Enfin, c’est aussi un enjeu phénoménal pour la création de valeur locale. Qui mieux qu’une SSII de proximité qui a déjà travaillé avec des gens de la mécanique, peut connaître les problématiques du secteur mécanique dans la Loire ? Personne. Toutes les grosses SSII ne se focalisent pas sur ces marchés de niche. On a un opérateur spécialisé dans la santé, il s’est focalisé sur ce secteur, sur la problématique ligérienne, pour l’instant, car c’est un ex-DSI du monde la santé.

La deuxième piste de réflexion est de pouvoir travailler avec d’autres territoires, notamment sous l’impulsion de l’Avicca. C’est vrai que, les deux premières années sont un peu difficiles dans le montage de ces projets : il y a les travaux, les mises en exploitation partielle, les questionnements des entreprises, des élus, cela va-t-il marcher ou pas ? Aujourd’hui on est arrivé à un stade où il y a suffisamment de réseaux ouverts pour permettre une vraie coopération entre réseaux et notamment sur le partage d’usages. Ce serait quand même bête que, nous qui incitons les opérateurs à mutualiser, nous ne mutualisions pas nos usages...

Dernier point, je l’ai déjà évoqué, c’est l’application du modèle à d’autres secteurs qui paraît de plus en plus intéressant.

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Patrick VUITTON
Merci. Je crois que tout le monde aura noté que ce ne sont pas des techniciens fous qui parlent des capacités en Gbit/s de leurs réseaux, mais des gens qui se préoccupent de développement économique et qui, accessoirement, parlent un peu de technologie, mais qui ont une vision beaucoup plus complète en fait de l’écosystème des entreprises, et de l’action publique par rapport à cet écosystème. On va revenir à un client cette fois de ces réseaux d’initiative publique, à travers Pascal CAUMONT, le Directeur technique d’Adista, opérateur multilocal, on peut le dire comme cela ?

Pascal CAUMONT, Directeur technique d’Adista

(cette présentation s’appuie sur un diaporama)

Moi je dis de proximité !

Bonjour à tous, d’abord je remercie l’Avicca de m’avoir invité. Je prends cela comme un compliment, une reconnaissance de ce que l’on a déjà accompli. Peut-être que l’expérience que l’on a accumulée a semblé intéressante à vous transmettre.

Il est vrai que cela ne fait pas très longtemps que l’on fait ce métier d’opérateur, on a quand même commencé en 1998, et on le fait de manière un peu plus étendue depuis deux ou trois ans, mais cette expérience est quand même réelle puisque, aujourd’hui, on est quand même présent sur 16 DSP, sur toute la France, mais plutôt le quart ouest et nord-ouest. Un peu moins le sud-ouest qui est plus pauvre en offres. Avec 16 DSP, on a déjà un recul à la fois sur l’aspect temps et puis sur l’aspect diversité des offres, des catalogues, des technologies qui peut être intéressant pour vous collectivités à titre de validation des objectifs et des possibilités que la mise en œuvre de réseaux haut débit sur vos territoires peut apporter.

Je vais faire une présentation courte. J’ai voulu insister, dans la présentation d’aujourd’hui, sur l’aspect stratégique qui nous guide chez Adista dans le développement de notre activité. Dans cette première partie, je ne parlerai pas de RIP, mais la conclusion logique de tout ce que je dirai sera que les RIP sont, si ce n’est une obligation, un moyen très privilégié de mettre en œuvre la stratégie ou la philosophie que je vais commencer par développer

Positionnement stratégique (cf. diapo 2)

Depuis 27 ans, notre métier est de fournir des services aux collectivités locales et aux PME, historiquement sur la Lorraine, puisque c’est la zone dont nous sommes originaires, et ces services évoluent depuis quelques années, depuis les années 1998-2000. On a quand même aujourd’hui une vision qui est extrêmement forte, que je qualifierai de stratégique, c’est l’évolution vers ce que l’on pourrait appeler « modèle Saas », c’est-à-dire le logiciel en tant que service. On ouvre son robinet, on a de l’eau, chaude ou froide ; on actionne son interrupteur électrique, la lumière s’allume ; et de la même manière, on banchera son ordinateur et, à travers le réseau de télécommunications, des services informatiques de toutes natures arriveront, ils ne seront plus produits en local. C’est notre vision à moyen ou long terme.

Sur le court terme, on a une évolution extrêmement forte aujourd’hui, que l’on constate depuis deux ou trois ans et sur laquelle nous nous concentrons, qui va aller vers l’externalisation de l’infrastructure informatique de la PME et de la collectivité locale. J’insiste bien sur l’aspect infrastructure technique, je n’ai pas dit que l’on externalisait toute l’informatique, mais bien l’infrastructure technique, de manière claire et forte.

Il y a quatre grandes classes de raisons qui, à mon avis, militent pour cela, et qui obligeront le dirigeant d’entreprise, ou de la collectivité, à aller vers cette externalisation.

Ce sont d’abord des motivations d’ordre technique : vous avez tous entendu parler de serveurs lames, de baies SAN, de virtualisation... Qui sont des choses très fortes mais qui, pour apporter tout le gain technologique qu’elles peuvent recéler, vont nécessiter de grosses installations que la PME de 5, 10, 20 et même 500 personnes, ne sera pas capable de se payer. La mutualisation est donc poussée par la technologie.

Deuxième point très important également en termes techniques : aujourd’hui on arrive vraiment à ce que l’on qualifiait dans les années 2000 de « n’importe où, n’importe comment ». C’est-à-dire qu’il faut accéder à l’information, travailler pour l’entreprise, que l’on soit dans les bureaux ou dans l’atelier, à l’étranger ou en local, chez soi ou à l’hôtel ou dans sa voiture. On a vraiment une disjonction très claire entre l’endroit où l’informatique va être produite et l’endroit où elle va être consommée. Pour qu’elle soit opérationnelle, cette disjonction présuppose qu’il existe des tuyaux de télécommunications suffisamment performants et efficaces pour transporter l’information entre son lieu de production et son lieu de consommation.

Il y a également des aspects de disponibilité. Dire qu’aujourd’hui beaucoup d’entreprises dépendent de leur système d’information est évidemment une banalité, mais il y en a vraiment beaucoup pour lesquelles une panne de leur système informatique implique que la production s’arrête, et elle ne s’arrête pas 2 ou 3 heures après, mais dans les 2 minutes qui suivent la panne. On ne répond plus aux clients, on n’a plus de carnet de commande, ni de carnet de production, on reste les bras croisés en attendant que cela redémarre. La disponibilité 24h/24 est donc un impératif très répandu qui devient majeur.

Deuxièmement les motivations de type économique : dans le contexte actuel, elles sont particulièrement agréables à l’oreille des dirigeants. Si l’on a les moyens de faire la même chose pour plutôt moins cher, c’est évidemment toujours positif. Les recettes sont toujours les mêmes : pour que cela coûte moins cher, on va essentiellement travailler sur la mutualisation, et donc celle des infrastructures techniques. On parlait par exemple de sécurité : faire une salle d’hébergement dans une PME, cela coûte très cher, c’est compliqué ; s’il faut en faire deux sur deux sites pour pallier une défaillance potentielle suite à un incendie ou tout autre type de catastrophe, cela coûte évidemment très cher et une mutualisation paraît donc un raisonnement de bon sens, que le dirigeant va facilement accepter.

La mutualisation des compétences : c’est lié aussi à la complexité toujours croissante de l’informatique. Plus c’est facile pour l’utilisateur, plus c’est performant, mais plus cela veut dire que, derrière, c’est compliqué, cela demande des compétences et beaucoup d’administration. Aujourd’hui, même dans une PME moyenne, il y aura des bases de données Oracle, des bases de données SQL de chez Microsoft, des OS, du Linux, du Windows, et si vous voulez être performant, il vous faut des spécialistes compétents sur chacun de ces domaines. Si vous voulez en plus faire du 24h/24, il vous en faut 2 ou 3 en rajoutant les 35 heures, multiplié par 2 ou 3 domaines de compétence, cela vous amène à des équipes que la majorité des PME, et même de beaucoup d’entreprises déjà un peu grandes, voire de collectivités, vont avoir du mal à se payer. La mutualisation est donc également une réponse tout à fait efficace à ce problème.

On parlait d’entreprises qui évoluent très rapidement, qui peuvent bouger qui ont des cycles, des cycles de commandes, suivis de cycles malheureusement un peu moins prospères dans lesquels il va falloir adapter l’outil de production. Si vous avez des serveurs, des techniciens, des ingénieurs, vous avez beaucoup de mal à les adapter de manière rapide, soit à la hausse, soit à la baisse. L’externalisation qui va permettre de lisser cette approche auprès des prestataires est donc également tout à fait intéressante.

Et puis un dernier point : l’informatique est quelque chose qui est relativement mal apprécié de beaucoup de DAF, parce qu’on ne sait pas combien cela coûte, ou qu’on sait que cela coûte trop, et qu’en milieu d’année on vient dire qu’il faudrait un serveur supplémentaire, une baie de stockage, changer les postes, etc... Cela pose des problèmes de prévisibilité, de budgétisation qui sont un peu délicats. L’externalisation, par effet de lissage, va permettre de répondre aussi efficacement à ce type de demandes.

Troisième classe de motivations, les ressources humaines. Malheureusement on ne produit plus en France suffisamment d’ingénieurs et notamment d’ingénieurs télécoms et informatique. Il y a donc une pénurie croissante, d’où un enchérissement des salaires, donc des coûts pour la PME ou pour la collectivité, et des difficultés pour trouver des gens, qui sont moins stables, qui ont un turn-over plus important... Tous ces problèmes sont évidemment très désagréables pour un chef d’entreprise.

Dernière classe de motivations, celles que j’ai qualifiée de « vertes » : c’est un peu péjoratif, car un peu à la mode et qu’il ne faut pas en faire trop, mais il est clair que toute solution qui permet de travailler sur la consommation énergétique, ou sur la diminution des pollutions de toutes natures, va également être positive, que cela soit en termes de marketing vis-à-vis de l’extérieur de l’entreprise, mais également pour le compte d’exploitation si l’on peut diminuer les coûts d’achats. Tous les aspects de mutualisation de serveurs sont intéressants, les serveurs en lames par exemple consomment 20 à 30 % moins d’énergie que des serveurs classiques. Si l’on met cette architecture en œuvre de manière un peu énergique, on aura des coûts qui seront significativement en baisse.

Ces quatre classes de motivations vont toutes dans le même sens : celui de l’externalisation chez des gens dont cela sera le métier, qui auront des infrastructures et des équipes faites pour cela, et qui vont permettre d’apporter le service à la fois dans des conditions techniques plus satisfaisantes et également dans des conditions économiques améliorées.

Conditions du succès (cf. diapo 3)

Pour que cette externalisation fonctionne, il faut que plusieurs conditions soient réunies. Les trois majeures que j’ai citées sont : des évolutions technologiques, on a vu qu’elles existaient (les serveurs lames, les baies, la virtualisation), des pressions économiques RH et écologiques, je viens de les citer.

Mais pour que tout ce schéma fonctionne, il faut que l’on dispose de réseaux haut débit avec trois caractéristiques qui me paraissent essentielles :
- d’abord un très haut débit car il n’est pas question que cette version externalisée soit moins performante ou moins ergonomique pour l’utilisateur que ce qu’il a aujourd’hui en local,
- la fiabilité : il ne faut pas que cela marche moins souvent qu’aujourd’hui, et si possible plutôt plus,
- à un coût abordable : il ne faut pas que des gains financiers liés à l’externalisation soient obérés par le surcoût lié aux télécoms, ce qui était le cas jusqu’à il y a peu. La solution, c’est évidemment que les réseaux haut débit, qui vont permettre de relier l’endroit de production du service informatique et l’endroit de consommation, soient à des coûts abordables.

Ces trois caractéristiques sont exactement celles des RIP. Un RIP est un réseau haut débit, fait essentiellement de technologie moderne, la fibre optique, qui est donc à la fois neuf et fiable, et ce sont également des réseaux plutôt économiques puisque l’investissement fait par la collectivité ou le support de la collectivité permet d’avoir des coûts plus avantageux que ce n’était le cas jusqu’à présent, notamment dans la situation de monopole.

Les RIP sont donc pour nous aujourd’hui les vecteurs qui arrivent exactement au bon moment. Ils représentent la convergence de tous les axes qui poussent vers l’externalisation et la mutualisation. Ils vont servir de déclencheur pour que cette idée un peu théorique devienne pratique.

C’est exactement sur ce schéma que l’on a bâti l’évolution récente d’Adista. Portés par le développement des RIP, nous avons commencé sur la région Lorraine grâce au premier RIP, historiquement c’était un des tout premiers de la communauté urbaine de Nancy, en 1997-1998. Aujourd’hui, on a une cinquantaine de clients en Gbit/s sur l’agglomération. On a développé ce savoir-faire, et on l’a exporté depuis le début de l’année 2007 sur un certain nombre de DSP, que l’on a choisies sur des critères bien clairs par rapport au modèle que je vous ai décrit. A ce jour, nous sommes donc présents sur à peu près 16 réseaux DSP et nous serons présents sur une vingtaine à la fin de l’année.

Pour nous, trois conditions sont indispensables au succès de cette démarche de développement de notre palette de services sur l’ensemble des RIP sur lesquels nous sommes positionnés :
- Ce sont des outils de production souples économiques et performants. Malheureusement on est un peu pris dans une contradiction qu’il faut gérer de la manière la plus judicieuse possible. Au départ on était opérateur local, puisque l’on ne faisait que Nancy. Petit à petit on s’est aperçu que la palette de services que l’on devait développer pour nos PME était extrêmement large. Je ne vous passe pas les diapos publicitaires, mais on va de la vidéoconférence, à l’externalisation, le back-up, l’accès internet bien sûr, la messagerie unifiée, la voix sur IP, etc... Toute la palette de services dont l’entreprise, notamment PME, peut avoir besoin. Pour développer cette intégralité de gamme de produits, il y a des investissements très lourds. On vient de terminer sur Nancy un investissement de près d’un million d’euros sur une salle d’hébergement avec des technologies de type refroidissement par eau pour accueil de serveurs lames. Si l’on n’était resté que sur la Lorraine, il était impossible d’amortir ce million d’euros. Notre positionnement national est aussi lié à cette contrainte, qui est que ces investissements pour la production de services ont été lourds et devront obligatoirement être amortis sur une zone de chalandise suffisamment large, pratiquement l’ensemble du territoire français. Ce qui est un peu contradictoire avec la demande de beaucoup de délégataires, ce qui ressortait en filigrane de l’intervention précédente : faire faire par des gens de la Loire pour des gens de la Loire, par des gens de la Moselle pour des gens de la Moselle etc... Je crains que ce schéma n’ait des limites dans la mesure où les investissements et les technologies à déployer pour avoir une offre de services complète et globale sont à mon avis trop lourds pour se cantonner à un territoire, même de la taille d’un département, voire même d’une région. D’où notre choix d’avoir une extension nationale. J’insisterai sur deux derniers points et les questions pourront être l’occasion d’échanger de manière un peu plus précise.
- On est opérateur de services avec l’ensemble des services que je vous ai listés précédemment, mais on est aussi opérateur télécoms. Et l’on insiste énormément là-dessus. Il nous paraît extrêmement important de maîtriser la partie télécoms. Aujourd’hui on a vraiment une distinction très claire pour la majorité des acteurs entre les offreurs de services et les offreurs de solutions télécoms qui doivent s’associer pour proposer des solutions, notamment aux PME et collectivités locales. Notre vision est totalement à l’opposé : ces deux métiers ne doivent pas être séparés, ils doivent être opérés par le même fournisseur, sous réserve de gros problèmes vécus par nous au quotidien, dans l’attribution des responsabilités, dans l’évolution des réseaux par rapport aux services demandés, etc... Le seul opérateur qui aujourd’hui ait vraiment bien pris la mesure de cette imbrication absolument indispensable, c’est France Télécom et, avec notre très modeste taille, on pense avoir fait exactement le même choix, mais peut-être un peu avant eux. Je pense que c’est la seule approche viable sur le long terme. Je ne partage donc pas complètement la position de certaines DSP qui souhaitent vraiment différencier l’aspect télécoms de l’aspect services. L’évolution de la technologie peut éventuellement remettre ce que je dis en cause dans le futur, mais aujourd’hui il me semble extrêmement difficile d’apporter la gamme de services et de prendre la responsabilité complète du service vis-à-vis de nos clients si l’on ne maîtrise pas complètement l’outil télécoms. En passant, cela veut dire que je préfère acheter de la fibre noire que du service activé, je préfère de la fibre noire que du PON, parce, à l’image de ce que disait Maxime LOMBARDINI ce matin pour le grand public, j’ai exactement la même approche pour l’entreprise : la souplesse des services que l’on peut imaginer ne doit pas être liée à l’infrastructure que l’on utilise. Plus on a de liberté, plus on est bas niveau dans l’infrastructure, plus on a capacité à offrir des services innovants. Aujourd’hui, on a plusieurs fois par semaine des demandes de nos clients qui vont vers du Gbit/s, notamment pour de l’interconnexion de baies SAN sur du PRA ou du PRI ; c’est du 2 ou 4 Gbit/s, la technologie PON ne permet pas cela, et pour nous la bonne technologie c’est la fibre noire. C’est pour cela que l’on en est assez friand, et quand c’est possible, on achète de ce type de technologie à la DSP.
- Je terminerai par un point qui me paraît extrêmement important : tout ce que j’ai dit c’est très théorique et très beau, mais cela n’a aucune valeur si l’on n’est pas présent sur le terrain. Pour que tous les services que l’on propose, et in fine, pour que l’utilisation des réseaux haut débit que vous mettez en place deviennent réalité, il faut que l’entreprise achète ces services. Pour cela, il faut que l’on soit capable d’intégrer nos propositions dans son existant. C’est-à-dire en allant chez elle, pour comprendre comment elle est structurée, quel est son historique, ce qu’elle est, et à partir de là, être capable de rajouter les briques, de rajouter le lien télécoms en profitant de la DSP si l’on a la chance qu’elle existe localement, pour qu’il devienne client d’un service et donc quelque part client de la DSP. De cette façon, votre vocation à améliorer la compétitivité économique de votre zone deviendra une réalité. Je m’arrêterai là.

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Patrick VUITTON
Je vais demander à Cyrille LUNEAU d’intervenir, avec un point de vue d’opérateur d’opérateurs présent sur de nombreux sites en France et deux particulièrement : la Communauté urbaine de Bordeaux et l’Alsace.

Cyril LUNEAU, Président de LDCollectivités - les exemples de l’Alsace et de la CU de Bordeaux

(cette intervention s’appuie sur un diaporama)

Juste une petite présentation pour vous resituer qui est LDCollectivtés. C’est une entité qui dépend du groupe Neuf Cegetel, et maintenant du groupe SFR, dont l’activité principale et unique est de répondre aux projets de délégations de service public ou PPP, qui sont lancés par les collectivités. Nous sommes présents sur le territoire français sur 16 délégations de service public, que cela soit en direct ou via des accords en tant que minoritaire. Nous continuons cette activité de manière stratégique pour le groupe puisqu’on a pu avoir des discussions avec l’ensemble du groupe SFR et il y a bien volonté de leur part de pérenniser cette activité et d’aller encore plus loin dans les investissements que l’on pourra faire dans ces projets.

Granularité des offres au sein des DSP (cf. diapo 3)

Quand on parle de présence d’offres sur le secteur des entreprises on regarde évidemment les technologies. On a l’Adsl grand public qui est utilisé aussi pour l’entreprise, le « Pro » comme on dit, et le FTTH grand public qui va arriver assez vite. J’ai essayé de faire un schéma qui présente ces technologies en fonction à la fois des performances en termes de Mbit/s et en termes de prix. On voit bien le positionnement qui est dédié aux particuliers, et ensuite vous avez l’Adsl Pro, qui va de 512 kbit/s à 4 Mbit/s à peu près. Je ne partage pas tout à fait ce que disait Maxime LOMBARDINI, puisque plus de 90 % des entreprises utilisent le DSL et ce n’est pas là qu’il y a un fort mécontentement en termes de qualité de service. Ensuite, là où le WiMAX existe, on a bien des offres entreprises et qui répondent aux besoins avec des débits qui sont un peu supérieurs, mais des tarifs également plus élevés, entre 150 et 500 euros en fonction des débits. Et puis l’offre entreprises en fibre qui, on l’espère, va exister par la suite. Elle existe dans un certain nombre d’endroits mais c’est un épiphénomène aujourd’hui et nous allons essayer de regarder comment développer cette offre.

Les offres de raccordement fibre (cf. diapo 4)

Au niveau des offres de raccordement fibre il y a donc aujourd’hui des initiatives privées qui sont sur les zones rentables, et en général ces initiatives privées concernent les particuliers, des zones denses, voire très denses avec un coût moyen à la prise qui est à peu près de 400 euros. Ce sont les chiffres qui sont communément admis. Vous avez ensuite des zones de déploiement qui sont issues d’un business plan totalement dédié et peu d’extensions possibles, puisque c’est une ingénierie, une architecture dédiée aux particuliers. L’offre finale correspond à une offre inférieure à 45 euros par mois. J’ai voulu ne choquer personne, certains annoncent 29 euros, d’autres 45, d’autres 50. Et puis il n’y a pas d’engagement de QoS (Quality of Service) évidemment.

Pour les entreprises, la fibre à l’entreprise, toujours sur les réseaux existants, vous avez un réseau opérateur existant, que cela soit DSP ou autre, et à ce moment-là on va s’intéresser au raccordement à la parcelle. C’est-à-dire que vous avez une entreprise qui peut être éligible à une certaine offre, et nous allons raccorder cette entreprise via du génie civil ou via l’utilisation de fourreaux existants si c’est possible, mais en général il n’y a pas de fourreaux là où l’on veut raccorder l’entreprise, et nous sommes à des coûts de raccordement de 10 000 euros pour 100 m et 50 000 euros pour 500 m. Le raccordement se fait alors à la demande. Et vous avez des offres qui sont aux alentours de 1 300 euros par mois, Là aussi, je n’ai voulu choquer personne, on a des offres qui sont plutôt à 600 ou 800 euros sur les DSP, notamment par Adista. En revanche, dans ces cas-là, vous avez une QoS qui n’a rien à voir avec le particulier.

L’optimisation idéale (cf. diapo 5)

L’optimisation idéale, c’est évidemment un mélange des deux. C’est ce que l’on essaie de faire dans le cadre de projets nouveaux et d’aménagement numérique du territoire vers les entreprises. Dans ce cadre-là, on essaie à la fois de combiner le raccordement des entreprises avec un raccordement au niveau des particuliers. Cela peut se faire sur les zones denses ou moyennement denses. Evidemment, sur des départements avec des zones d’activité qui sont assez lointaines des zones denses, c’est un peu plus compliqué.

Les offres opérateurs (cf. diapo 6)

Au niveau des offres opérateurs, il y a l’offre CE2O de France Télécom, c’est donc une offre activée, l’offre de collecte Ethernet ATM qui a des débits de 6 à 100 Mbit/s. Le « plus » de l’offre ce sont des FAS (frais d’accès au service) qui sont forfaitaires et une capillarité qui existe grâce à celle de France Télécom. Les « moins » de l’offre sont qu’évidemment toutes les communes ne sont pas éligibles, et que les tarifs sont variables en fonction des zones.

Pour ce qui nous concerne, nous proposons des offres de collecte Ethernet natif avec des débits de 2 Mbit/s à 1 Gbit/s. Les « plus » de l’offre sont une péréquation territoriales et les tarifs. Le « moins » de l’offre c’est que les raccordements sont coûteux s’ils sont loin de l’infrastructure dans le cas où l’on a pas de mécanisme vu avec la collectivité pour qu’il y ait une subvention au raccordement.

Dans les faits (cf. diapo 7)

On regarde sur les zones, par exemple Strasbourg, où l’on a une différence de moins 20 % par rapport à ce que peut proposer Orange, et en montant dans les débits c’est plutôt 30 %, c’est donc un peu ce que l’on retrouve sur l’ensemble du territoire. En revanche, on a d’autres zones, comme Blanquefort sur la Communauté urbaine de Bordeaux, où l’on est à près de 50 % inférieur au prix de France Télécom. On a d’autres exemples évidemment, où il n’y a pas d’offre de la part de France Télécom en CE2O. A ce moment-là, on répond vraiment à un besoin.

Au niveau des offres de détail (cf. diapo 8)

Chez les acteurs nationaux, il y a une péréquation tarifaire nationale et l’on a des offres qui sont donc un peu plus élevées que ce qui est proposé par les opérateurs dits locaux ou régionaux ou de proximité. On est donc plutôt inférieur à 1 000 euros par mois, dans ce que l’on retrouve au détail pour ces acteurs-là, et aux environs de 1 500 euros pour les acteurs nationaux, pour 10 Mbit/s.

On remarque que, si au niveau du secteur des particuliers on a une concentration des acteurs, il y a un faible espace économique qui est créé par la DSP, c’est-à-dire pour l’entrée des nouveaux acteurs.

En revanche au niveau de l’entreprise il y a bien un foisonnement de sociétés qui se positionnent sur ces offres et qui répondent à un besoin qui n’est pas satisfait pas les deux ou trois opérateurs existants, les opérateurs nationaux : je parle de France Télécom, de Neuf Cegetel également, et de Complétel qui fait maintenant partie de Numéricable. Ces trois acteurs représentent la quasi-totalité, c’est-à-dire 98 ou 99 %, du chiffre d’affaires qui est fait par le secteur de l’entreprise, il y a donc évidemment une place qui existe pour ces acteurs dits régionaux.

Conclusion (cf. diapo 9)

En conclusion, je dirai que pour l’entreprise, l’influence des RIP permet :
- Une mise en œuvre d’une infrastructure capillaire pour la mutualisation des investissements grand public et entreprises.
- L’existence d’offres haut débit en cas de non-éligibilité CE2O. Par exemple on a des zones, que l’on appelle des zones grises, où seule l’offre 512 kbit/s existe. Vous connaissez tous le grand plan qui devait régler le problème des entreprises avec les NRA HD. Maintenant on parle de NRA ZO pour un autre objectif. Mais ce plan qui devait accoucher de plusieurs centaines de NRA qui allaient couvrir les zones d’entreprises a été plutôt abandonné par France Télécom finalement. On a donc des zones qui sont couvertes en 512 kbit/s et là, arrivant pour connecter ces zones d’activité en fibre, on arrive à proposer des débits bien supérieurs à ce qu’ils demandaient.
- Une concurrence au niveau des offres d’opérateurs.
- Une agressivité commerciale bien évidemment. Je voudrais vous citer quelques exemples. Sur la Communauté urbaine de Bordeaux les grands utilisateurs ont besoin principalement de fibre. On peut imaginer qu’un centre hospitalier comme le CHU de Bordeaux a des équipes qui savent quels sont leurs besoins, qui sont suffisamment équipées pour activer leur fibre et leur système, et dans ce cas-là ils ont besoin d’une offre fibre. Dans le catalogue de nos DSP, il y a de la fibre nue. Jusqu’à ce jour, je me tourne vers Pascal CAUMONT, as-tu déjà réussi à avoir une offre fibre chez France Télécom ?

Ces offres fibre n’existent donc pas. Quand on parle de transparence, de volonté de permettre à chacun des acteurs de trouver ce dont il a besoin au catalogue des services que l’on propose ... Nous, nous le faisons : à la fois des offres activées, de type LAN to LAN, et fibre optique nue pour proposer ce type d’offres. Là, au niveau du CHU qui a donc besoin d’une offre fibre, vous avez ensuite une fibre qui peut être prise par un acteur comme Adista pour un hôtel d’entreprises, c’est-à-dire un site qui regroupe une multitude d’entreprises, et dans lequel il va utiliser la fibre plutôt que d’avoir plusieurs LAN to LAN qu’il va empiler les uns sur les autres et avec une économie qui ne va pas lui permettre de proposer son offre. Et bien il pourra utiliser à sa guise le type de support nécessaire. Voilà, on essaie de répondre à l’ensemble des besoins du marché, avec des prix qui permettent d’avoir une vraie offre. Sur la CUB, on raccorde une dizaine de sites par mois minimum, ce sont des commandes clients, donc pas seulement des raccordements de sites en fonction de ce que l’on pourrait avoir comme potentiel, mais vraiment des commandes fermes. Merci.

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Patrick VUITTON
Vous voyez la variété des besoins : l’année dernière on avait fait venir un autre opérateur comme Céleste, et il disait que s’il n’y avait pas de réseau activé cela ne l’intéressait pas. Et Adista nous dit : « par rapport à ce que je sais faire, ce que je vise, ma conception, c’est de proposer l’ensemble ». C’est effectivement une des réponses, de proposer une échelle d’investissement qui permette peut-être à un petit opérateur d’avoir un petit client, de monter en gamme, de mettre peu à peu ses équipements. Ce n’est donc pas une contradiction. Après, il y a une autre approche, qui est l’approche territoriale, d’organiser aussi une forme de péréquation qui rend quelque fois effectivement les choses difficiles. Il ne s’agit pas non plus d’écrémer parce que sinon, en termes d’aménageur, on ne dessert que ces premières zones d’activité et pas celles qui sont plus loin. Il y a tout ce dialogue qui se noue entre les clients, ceux qui veillent au développement économique, les opérateurs, les opérateurs d’opérateurs... Et tout cela nous fait peu à peu progresser. Il y a trois ans, on avait une vision assez basique de ces questions, on disait qu’il fallait amener de la fibre, grosso modo Et aujourd’hui, on a une vision plus précise, parce qu’il y a des acteurs, qu’ils rencontrent un marché, et l’on progresse de cette manière-là.

On va prendre quelques questions... Je vais peut-être d’abord en poser une à Dominique PARET : on sent bien que c’est une approche de développement économique, c’est de là que cela part. L’enjeu principal, en fait, est-il de faire baisser les coûts de télécoms, en faisant une économie de X euros tous les mois sur X entreprises, ou est-ce de décomplexer les entreprises par rapport à leurs besoins et au suivi de leurs besoins, pour que ceux qui ont 1 Mbit/s aient 10 Mbit/s ?

Dominique PARET
En fait, en aucun cas, même si on est toujours obligé d’afficher vis-à-vis des élus le fait que les coûts vont baisser, parce que c’est palpable et concret. L’objectif est plutôt venu de là : que l’on ne parle plus de Mbit/s. Aujourd’hui, les PME que l’on rencontre ont besoin de Catia (Conception Assistée Tridimensionnelle Interactive Appliquée), de SolidWorks, d’outils d’ingénierie collaborative... Et pas de 10 ou 2 ou 4 Mbit/s. Je rejoins là les propos d’Adista, même si je pense que cela sera difficile, mais plus vite on engagera cette mutation et plus vite on aura des résultats. Il y a une telle carence et absence des opérateurs nationaux sur ce qui constitue le cœur de notre activité économique dans les territoires... C’est aussi valable en région parisienne parce qu’il y a les grands groupes, mais il y a aussi toutes les PME qui en fait créent et maintiennent l’emploi. Cette mutation, il faut l’engager très rapidement. Aujourd’hui, à part les PME qui sont dans le high-tech ou le tertiaire, nos PME de moins de 20 salariés qui sont dans l’industrie ont 9 fois sur 10 une appétence pour avoir une liaison optique par rapport à un service donné, et pas forcément pour aller sur internet. Airbus l’a annoncé récemment, Michelin va bientôt l’annoncer, les grands de la grande distribution vont le faire, aujourd’hui, ils vont créer des places de marchés en réseau avec des outils logiciels qu’ils sont en train de développer eux-mêmes. Il faudra que les PME viennent se raccorder. La seule différence avec le modèle de l’EDI que l’on a connu, il y a une quinzaine d’année, c’est que les donneurs d’ordres n’ont pas financé, ce qui était le cas dans le domaine de l’EDI.

Patrick VUITTON
Pour faire le lien avec une autre problématique, j’assistais récemment à une réunion des régions à l’ARF, et la région Ile-de-France exposait qu’elle héritait avec les lycées d’un parc d’à peu près 100 000 ordinateurs dans l’ensemble des lycées, extrêmement hétérogène et mal entretenu. Elle n’héritait en même temps que de trois personnes compétentes pour entretenir ce parc parce que les autres, évidemment, l’Education Nationale les avait gardées. Elle se posait donc la question de tout basculer, en disant qu’il faut du matériel pliant et léger, qu’il faut centraliser tout cela parce que sinon elle ne saurait pas maintenir un tel parc dans tous les établissements scolaires, ni le faire évoluer, etc... Les évolutions vers des besoins en réseau me semblent effectivement très importantes, y compris pour les besoins publics.

Je voulais aussi poser une question à Pascal CAUMONT : dans le secteur des télécoms, on a l’impression parfois que l’on fait des réseaux ouverts, mais que l’on court après quelque chose de difficile. C’est-à-dire que c’est un secteur qui se concentre perpétuellement. On lance des réseaux ouverts quand il y a 8 fournisseurs d’accès internet et trois ans après il n’en reste plus que trois ou quatre, ce qui fait autant de clients en moins. En même temps, il y a plus de visibilité, plus de poids, ils peuvent peut-être aller un peu plus loin, mais le devenir dans les télécoms, le devenir d’Adista par exemple, est-ce d’être un jour, comme Completel, racheté par un fonds d’investissement pour probablement demain être racheté par un groupe ?

Pascal CAUMONT
C’est une problématique qui est à mon avis tout à fait juste. On est toujours pris entre les deux feux. Il faut être petit, souple, et réactif, et donc l’opérateur local a plein de qualités. On a commencé comme cela, donc je ne le renie en aucune manière. Simplement, on s’aperçoit rapidement que, pour avoir un certain nombre de services, par exemple des collectes nationales, des collectes 3G, et intégrer tout cela, parce que le client de Saint-Etienne ou de Clermont-Ferrand n’a pas besoin de ne travailler qu’avec les gens de sa ville mais aussi avec le monde entier ou avec des portables, on a donc besoin d’une couverture qui n’est pas que locale. Cela, outre l’énorme investissement que j’évoquais tout à l’heure pour la production des services, qui induit aussi une nécessité d’avoir une zone de couverture commerciale suffisante, cela va dans l’autre sens. Il vaut mieux effectivement prendre 5 petits opérateurs locaux, en faire un moyen, qui sera plus performant, plus large en couverture, qui aura des coûts de revient plus bas, et qui servira donc mieux ses clients, même s’il a perdu un peu de la finesse et de la souplesse qu’il avait quand il était tout petit.

Patrick VUITTON
Peut-être une dernière question. On voit que dans le domaine des TPE, on a du mal à adresser ce marché. Il se sert des offres grand public pour internet ou la téléphonie pour l’essentiel. On voit que l’on passe tout de suite après à des gammes de plusieurs centaines d’euros par mois, avec de la qualité de service, mais existe-t-il une offre entre 100 ou 200 euros, une offre de masse pour les TPE ? Peut-on l’inventer, est-ce à vous de le faire ou à des opérateurs nationaux ?

Pascal CAUMONT
Chez nous, elle n’existe pas. La clientèle des TPE est une clientèle très particulière, que l’on a expérimentée par le passé. Notamment les médecins, ou des professions libérales de ce type. Ce sont des problématiques très particulières, qui se rapprochent à mon avis beaucoup plus de la gestion du grand public, c’est-à-dire qu’il faut des hot lines bien structurées, des coûts de production très bas, donc il faut des produits très standardisés, il faut vraiment beaucoup de développement. Cela va dans le sens de ce que l’on évoquait avant : il faut des grosses tailles. Pour faire du TPE, il faut à mon avis être beaucoup plus gros que pour faire du PME, parce qu’il va falloir amortir sur une quantité importante. Ce sont des choses qui devraient être faites, qui seront probablement faites, il y a déjà des prémices, par Free, par Neuf Telecom qui sont bien adaptés, qui ont l’habitude de gérer des populations de clients de plusieurs centaines de milliers, voire de millions, et d’amortir leurs coûts de développement sur ce type de taille de cible, ce que ne saura pas faire une société comme Adista avec 900 personnes.

Patrick VUITTON
Même vision chez LDCollectivités ?

Cyrille LUNEAU
Absolument, parce que ce sont des logiques totalement industrielles. Faire de la logique industrielle avec de la distribution indirecte, car sur ce type d’offres, cela sera le cas, seules des sociétés comme cela peuvent le faire, avec un effet volume pour rendre le produit dans ces prix-là, c’est à dire aux environ de 100 euros. Il y a une offre qui existe évidemment chez France Télécom, il y en a une autre chez Neuf Cegetel. Il faut bien comprendre qu’aujourd’hui, sur la partie entreprises du marché alternatif, il y a 80 % du chiffre qui est fait par Neuf Cegetel, et les 20 % restants sont faits par le reste avec Completel et quelques acteurs régionaux locaux comme Adista ou autres.

Agnès HUET, Comptoir des Signaux
Je voudrais faire une réponse à Pascal CAUMONT sur les réseaux actifs et notamment sur les réseaux PON : sachez qu’il n’y a aucune limite de capacité sur les réseaux G-PON ou Gbit-PON, et encore moins sur les réseaux WBN-PON. La question de l’introduction des PON WBN va clore le débat définitivement je pense, puisqu’il s’agit de mettre à disposition de la longueur d’ondes.

Sur ces réseaux actifs, la vraie question est que peut-être, pour certains opérateurs, les réseaux FTTH non actifs sont un peu trop rapidement dérégulateurs, ce que l’on peut comprendre.

Au-delà, j’avais une question un peu différente du FTTH, puisque l’on sait qu’il va y avoir des zones qui seront difficilement atteignables en FTTH, pas tout de suite en tout cas, et que l’on va avoir des zones blanches du FTTH. Aucun d’entre vous n’a cité le fait de pouvoir mobiliser le dégroupage à la sous-boucle, notamment pour des zones d’entreprises qui ne peuvent pas faire l’objet de déploiement immédiat en FTTH. Est-ce que le fait de dégrouper à la sous-boucle dans un contexte réglementaire normal, celui qui le permet aujourd’hui, car on a le droit de le faire, est une chose que vous excluez d’emblée, ou que vous n’avez pas encore explorée ou que vous explorerez quand vous serez confrontés à une question de zone blanche du très haut débit ?

Pascal CAUMONT
Je vais répondre surtout à la première question, sur le G-PON. C’est vrai que j’avais peu d’atomes crochus avec ces technologies, je ne demande qu’à réviser mes positions : si effectivement elles apportent tous les bienfaits qui sont listés, on sera ravi de s’y convertir.

Sur la deuxième question, en tant qu’opérateur de services, on est client des délégataires qui sont en quelque sorte le représentant opérationnel du déléguant. Le choix de la technologie, c’est un choix de délégant, c’est peut-être au délégataire de lui proposer. Mais, en tant qu’utilisateur de services, on serait ravi que cela soit dégroupé de cette façon-là parce que, plus on a de clients potentiels, plus les services que l’on propose ont une attractivité large, plus on est content.

Je suis tout à fait favorable à toutes ces technologies alternatives, mais c’est de la responsabilité du délégataire de le proposer à son délégant ou du délégant de l’imposer, ou de le suggérer fortement à son délégataire.

Dominique PARET
Cette question, on se l’est posée. On se la pose toujours d’ailleurs, par rapport à des extensions qui sont prévues au contrat. Pourquoi pas, notamment si cela peut permettre d’améliorer significativement la situation, en particulier sur des zones d’activité. Ou sur des communes où l’activité n’a pas été pensée de façon très cohérente en termes de déploiement. Chez nous, ce n’est pas tellement le cas, parce que sur ce qui reste en dehors du périmètre LOTIM, il n’y a pas forcément d’enjeux de cette nature, ou alors c’est du coup par coup et des besoins tellement importants que c’est plutôt un problème financier pour l’entreprise.

Néanmoins, il y a quand même un élément clé, j’ai un bon indicateur : c’est la tête des personnes qui font l’exploitation sur le réseau concédé, ceux qui gèrent les accès fibre et ceux qui gèrent les accès cuivre. Je peux vous dire que ceux qui gèrent les accès fibre sont beaucoup moins stressés que ceux qui gèrent les accès cuivre. Je passerai sur le détail des épisodes extraordinaires que l’on a pu vivre : de sous-traitants de France Télécom qui se déplaçaient avec une heure d’avance ou une heure de retard, comme par hasard, qui se trompaient en faisant les branchements...

Il est clair que le mérite du tout fibre est que l’on a un réseau sans couture, il n’y a pratiquement pas d’interventions. Au-delà de l’aspect financier, puisque l’on n’a pas de redevance à verser à l’opérateur historique, c’est plus rassurant pour l’opérateur qui utilise la fibre de savoir que finalement il n’a qu’un seul interlocuteur sur lequel il peut taper. C’est plus rassurant pour la collectivité, parce qu’elle sait que son intervention ne dépend pas d’un tiers qui ne lui veut pas toujours que du bien. Et troisièmement, vous avez remarqué que, quelles que soient les technologies, les limites sont régulièrement repoussées, il n’y a que la téléportation qui pourrait nous amener plus loin que la fibre ! Même nos autoroutes, au bout de 25 ans, les concessionnaires revenaient en disant : « j’ai des problèmes, il faut rénover ». Maintenant elles ont été privatisées pour la plupart. Avec la fibre, on est tranquille pour un paquet d’années.

Pour toutes ces raisons, je pense qu’il est indispensable qu’il y ait un accès à la sous-boucle, ne serait ce que pour rétablir un juste équilibre avec ce qui passe sur les NRA ZO. Je ne vois pas pourquoi on le mettrait en zone rurale. On est toujours le pauvre ou le riche de quelqu’un, ou le rural de l’autre. Dans la banlieue stéphanoise, il y a des zones rurales par rapport au centre ville, alors qu’il y a des zones beaucoup plus à la campagne qui sont mieux desservies que cette banlieue stéphanoise, avec une agglomération qui fait quand même 350 000 habitants. Il me paraît donc indispensable qu’il n’y ait pas cette différenciation entre zone éligible ou zone non éligible. L’accès à la sous-boucle doit être facilité, il ne faut pas que l’on reproduise le modèle initial du dégroupage avec des freins à l’entrée relativement importants.

En revanche je ne suis pas persuadé que cela soit quelque chose sur lequel on doive vraiment s’appuyer, même si cela peut être une phase, une première tranche pour se rapprocher, parce que quelque part on repousse le problème. Et cela peut être repoussé à 5 ans, parce que vu l’état des réseaux de cuivre, en tout cas en Rhône-Alpes, c’est une catastrophe sur notre département. Je me dis : « oui, on résout le problème aujourd’hui ». Cela ne veut pas dire qu’on ne le fait pas parfois, parce qu’il faut parer aux urgences, l’environnement politique fait que l’on ne peut pas toujours faire des choses très rationnelles, mais c’est vrai qu’on ne fait que repousser le problème, alors qu’avec la fibre, on le règle.

Cyrille LUNEAU
Le principe de la délégation de service public, c’est un principe d’aménagement du territoire : c’est d’aller porter, là où cela n’existe pas, des choses qui existent par ailleurs. Essayer d’amener l’offre de Paris La Défense à Wittelsheim ou à Rouffach en Alsace, c’est un peu cela notre but.

Deuxièmement, par rapport au dégroupage à la sous-boucle : si cela ne se fait pas par ailleurs sur des zones qui sont un peu plus denses et qui pourraient être faites par le privé, l’amener sur des zones qui sont un peu moins attractives ne nous donne pas à penser qu’on va forcément avoir des clients ensuite. On essaie de reproduire des modèles qui sont existants, qui ont fonctionné et qui marchent, de manière à avoir des clients. Les télécoms, c’est toujours une histoire de volume également, on essaie donc de faire le moins possible de spécificités. Pour autant, essayer sur deux ou trois expérimentations pour voir ce que cela donne, pourquoi pas, mais ce n’est pas le modèle que l’on a mis en place.

Patrick VUITTON
Merci, je crois que cela répond aux principales interrogations. Cela ne clôt pas le débat entre le droit d’accès, qui est important, qui ouvre la panoplie, et la réalité de la demande qui est à relativiser suivant les besoins.

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L’Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l’Audiovisuel regroupe 228 adhérents soit 50 Villes, 69 Communautés urbaines ou d’agglomérations, 21 syndicats de communes, 66 structures départementales et 22 régionales, soit plus de 61.500.000 d’habitants.