Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l’Audiovisuel
       
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TRIP 2010 - TR4 : RIP en FTTH, premiers retours d’exploitation et perspectives, 20 octobre 2010

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- Patrick VUITTON
Nous parlons de projets pilotes, mais il y a des projets pré-pilotes puisqu’il y a déjà huit réseaux d’initiative publique aujourd’hui en exploitation. Je vais demander à ceux qui les gèrent de venir à cette table ronde et de nous dire comment se passent les déploiements et surtout les débuts de commercialisation, les notions de co-investissement et autres. J’appelle donc Alain GUILLOTIN, Directeur Télécom de la REG.I.E.S. du Pays Chartrain, Cyril LUNEAU, Président de SFR Collectivités, Jean-Michel SOULIER, Président de Covage, et Pierre-Eric SAINT-ANDRE, Directeur général d’Axione. Et je vais moi-même remplacer au pied levé Michel CHANEL, le Président de RESO-LIAin, qui avait un empêchement, pour présenter un extrait de sa présentation, que nous publierons en intégralité sur notre site. Vous m’excuserez de ne pas maîtriser le sujet comme l’aurait fait Michel CHANEL.

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Présentation du réseau LIAin
(cette présentation s’appuie sur un diaporama*)

L’opération LIAin - déploiement sur la zone pilote
L’opération réseau LIAin a déjà été évoquée à ce colloque l’année dernière. Elle consiste d’abord en une phase pilote qui vise à tester le modèle et les coûts de déploiement, à regarder également les questions de commercialisation et les questions économiques pour se projeter sur le fibrage complet du département de l’Ain. Le Syndicat d’électricité de l’Ain porte ce projet à travers une filiale qui est une régie.



À ce jour, en septembre 2010, un peu plus de 20 000 lignes sont construites sur ce réseau et elles ont nécessité un investissement de 15 millions d’euros.

L’opération LIAin - déploiement à l’échelle départementale
Le syndicat s’est fixé pour objectif de faire le déploiement en deux grandes étapes. Une première de 2009 à 2013 qui fasse environ 90 % des foyers et entreprises du département, et une deuxième plus longue, de 2013 à 2020, pour parachever la couverture sur les écarts qui sont d’une rentabilité nettement moindre que le reste.



Les fournisseurs d’accès à internet
Aujourd’hui, ce réseau est en phase de commercialisation et il y a des abonnés actifs. Voici la liste des 13 FAI présents sur le réseau, dont certains adressent des cibles grand public et d’autres des cibles opérateurs professionnels. Nous voyons immédiatement, cela illustre l’un des propos de Monsieur LOUTREL, qu’aucun opérateur national n’est client encore à ce jour, et que nous avons une diversité d’opérateurs qui, étant de petite taille, ont eu besoin que ce réseau fasse une offre de service activée pour y être présents.



Le réseau LIAin, une adaptation rapide aux besoins et attentes du terrain
En termes de commercialisation, la zone pilote était délibérément choisie sur une zone dans laquelle le service Adsl était de qualité moyenne. L’hypothèse n’était pas de tester dès le départ une concurrence frontale dans des zones où l’Adsl était bon. Le syndicat nous livre les chiffres sur deux zones assez différentes. L’une à Thil, dans laquelle il y avait très peu de lignes éligibles au 2 Mbit/s : après seulement six mois d’ouverture, plus de la moitié des abonnés potentiels ont effectivement souscrit à un abonnement, y compris auprès d’opérateurs n’ayant pas la même notoriété, ni les mêmes box, que les opérateurs nationaux. Inversement, à Collonges, tout le monde était éligible au 2 Mbit/s, et au bout de 12 mois d’ouverture il y a seulement 29 abonnés sur ce réseau (environ 5 % de pénétration).



Pour faire un parallèle, Numéricable avec 3,7 millions de prises éligibles au Très haut débit, n’a malgré tout qu’un taux de pénétration de 7 %, correspondant à peu près à ce qu’il fait par ailleurs sur le haut débit. Le Très haut débit tout seul ne suffit pas à convaincre les gens de changer, aujourd’hui, sauf s’ils ont un mauvais haut débit. Le fruit de cette expérience est une réorientation du programme 2010 pour prioriser en termes de déploiement les zones en grande partie inéligibles au 2 Mbit/s.

Répartition du budget d’investissement du réseau
Le coût prévisionnel global sur la première tranche se monterait à 170 millions d’euros, correspondant aux 90 % de couverture souhaitée dans cette première phase.



Le budget et le financement de l’opération LIAin
Voici un élément de l’économie prévisionnelle qui se consolidera ou pas au fur et à mesure de l’avancement de la commercialisation, avec des hypothèses, assez conservatrices semble-t-il, d’un taux de pénétration de 25 % des lignes. Cela correspond au fait qu’il n’y a pas un basculement immédiat ou rapide de la part des opérateurs nationaux sur ce nouveau réseau. Malgré tout, sur la période 2010-2020, le réseau devrait générer 140 millions d’euros de recettes. Mais c’est du prévisionnel et l’intérêt est de le conforter avec les résultats réels.



Le budget et le financement de l’opération LIAin
Même si un retour sur investissement est attendu en cumulé, il faut quand même préfinancer tout cela, et en attente du Fonds d’aménagement national, il est acquis que la région Rhône-Alpes subventionne l’opération à hauteur de 12 millions d’euros. Les fonds FEDER et FEADER seront sollicités au niveau européen, nous en avons parlé ce matin, il y a une évolution positive sur le plan des principes au moins. Et puis, il y aura une demande d’éligibilité au guichet B du Fonds pour la société numérique et à des prêts bonifiés, ainsi qu’une recherche de financement au niveau départemental puisque c’est le syndicat d’électricité qui porte le projet.



Les chiffres sur le réseau LIAin au 19/10/10
Je ne suis pas plus long sur ce projet, et je ne pourrai évidemment pas répondre à vos questions, mais dans six mois, nous essaierons de faire réintervenir l’Ain qui aura encore un peu plus d’expérience à vous proposer.



Je vais demander à Alain GUILLOTIN de poursuivre. Nous commençons par les « petits », en tout cas ceux qui sont ancrés sur un territoire, et nous aurons ensuite l’expérience, je ne dirais pas de « gros », mais en tout cas de « moyens », ceux qui essaient de porter le processus sur une échelle plus industrielle.

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- Alain GUILLOTIN, Directeur des activités Télécom de la REG.I.E.S. du Pays Chartrain
(cette présentation s’appuie surun diaporama)

Merci de nous avoir accordé votre confiance pour cette petite présentation. Je vais vous présenter un point de vue d’électricien, cela tombe bien pour enchaîner avec le syndicat d’électricité de l’Ain.
Nous avons la particularité de travailler en régie électrique depuis 1922, et nous prouvons depuis que, même en ayant très peu de clients, nous arrivons à remplir parfaitement les missions de service public qui nous sont confiées, et à rentabiliser des réseaux d’électricité beaucoup plus coûteux à la construction que des réseaux de télécom.
Je voudrais faire une parenthèse pour rebondir sur ce qu’a dit Laurent LAGANIER ce matin, que j’ai trouvé assez amusant de la part de Free, et je ne peux que partager son avis : il a salué la péréquation d’ERDF née du fait d’avoir un seul opérateur sur l’ensemble du territoire. Mais il a oublié un détail, c’est qu’il en reste 200 à côté du gros opérateur : ce sont les régies d’électricité qui peuvent avoir de 800 clients, jusqu’à 100 000 clients. En tout cas, ces régies vont très bien et merci à Laurent LAGANIER de nous faire cette excellente publicité. Comme quoi on peut être petit et discuter avec les grands, car inutile de vous préciser qu’avec RTE, ERDF, EDF ou Poweo… ce n’est pas toujours simple, mais nous y arrivons !
Concernant le FTTH, comme l’a rappelé Laurent LAGANIER, si les clients avaient payé leur raccordement électrique de la même façon que leur raccordement télécom, il n’y aurait plus de problème dans ce pays. C’est un problème culturel. L’Europe du Nord a fait un autre choix, nous avons fait celui de ne pas avoir de frais d’accès. Cela pose d’autres soucis, mais c’est assez amusant que ce soit eux qui le disent et pas nous. Je voudrais également saluer un mot de Monsieur PARFAIT, avec qui je suis également d’accord. Le problème du FTTH, outre son financement, n’est pas technique. Que nous fassions des offres activées ou des offres de fibre noire, le problème est organisationnel, il faut monter les modèles industriels.
Nous avons fait un pré-déploiement de 2 000 lignes, comme cela était demandé pour les cinq projets pilotes, et nous avons soumis ce projet aux grands opérateurs du pays. Aucun n’a souhaité y répondre, nous n’avons donc pas candidaté dans les 30 projets. Franchement, nous n’avons toujours pas compris pourquoi, puisque nous leur proposions de travailler sur le SI, l’industrialisation des process et le modèle organisationnel, mais nous aurons sûrement une explication un jour.

Le FTTH, opportunité de développement des RIP ou guerre de tranchées ?…
J’ai quelques slides sur l’expérimentation en tant que telle. Avant de commencer, je voulais quand même vous dire comment nous en sommes arrivés là ; on ne se transforme pas d’électricien en société de télécom comme cela.



Il s’agit en fait du fruit du travail du syndicat électrique depuis les années 90. En 1990, le syndicat couvre 71 communes et c’est toujours le cas. A l’époque il y avait 40 000 points de livraisons, 47 000 aujourd’hui. Pour vous faire un petit ratio sur l’électricité et les télécoms, pour 47 000 points de livraison électrique, vous avez 40 000 points de livraison télécom. Au début des années 90, le syndicat a pris une décision particulièrement importante qui est d’enfouir l’intégralité de ces réseaux électriques qui maillent tous les postes HTA/sBT, les postes de quartier que l’on peut voir partout (1 200 sur nos 71 communes). Nous avons donc décidé d’enfouir toutes les lignes électriques, 80 % le sont à ce jour, à rapprocher des 35 % de moyenne nationale, et de mettre des fourreaux en parallèle. Je n’ai pas participé à cette décision, elle a été prise par d’augustes personnages du syndicat qui aujourd’hui n’ont plus de fonctions ni électives ni même au sein du syndicat, mais franchement, ils ont bien fait parce que c’est vraiment une « guerre ». Si nous n’avions pas enfouis, nous ne nous serions pas lancés dans une activité de télécom, le nerf de la guerre étant quand même la collecte avant la desserte. Je ne dis pas que la desserte ne coûte pas d’argent, mais cela simplifie quand même nettement la vie d’avoir une collecte très correcte sur un territoire donné.
Comme Monsieur LOUTREL l’a dit tout à l’heure, les réseaux de cuivre ont été posés pour le téléphone et pas pour les télécom. Le coax a été posé pour les réseaux câblés, pas pour les télécom. Ces fourreaux n’ont pas forcément été posés au début pour les télécom, nous n’avons pas de tri-tubes ni de fourreaux en pagaille, seulement un ou deux fourreaux en parallèle de l’électricité, mais nous nous sommes adaptés et nous pensons pouvoir passer, au moins pour la collecte, à quelque chose de plus intéressant.

La péréquation d’activités, facteur d’autonomie de développement
Quand nous avons commencé à développer cette activité, nos administrateurs nous ont dit : « on y croit, on va vous donner un peu d’argent… mais cet argent, il faut qu’on le revoit « (nous sommes en Beauce !). Il était donc hors de question que nous ne développions pas une activité rentable, quand bien même elle dépendrait d’un syndicat de commune.



Nous ne nous sommes donc pas lancés sur le FTTH, d’ailleurs, nous n’y pensions même pas au départ. Nous avons commencé à travailler avec l’idée de faire de la péréquation, comme cela se passe dans l’électricité : que vous achetiez un contrat 3 kW à l’intérieur d’une ville où à 12 km dans une ferme, vous le payez de la même façon, et on se doute bien que celui qui a été souscrit en ville sert à payer le contrat qui est à 12 km. Nous avons commencé à faire du FTTB, de la fibre noire pour les collectivités, pour pouvoir générer l’engouement d’opérateurs. Sur le FTTH, il semblerait que les RIP ne soient pas capables de discuter avec les grands opérateurs ? Je vous rassure, les grands opérateurs acceptent de discuter avec les RIP pour faire des modèles industriels, alors que la garantie de temps de rétablissement est bien plus importante que pour alimenter trois maisons. Je pense donc franchement qu’il y a la place pour les RIP sur le sujet.
Concernant l’autofinancement des artères de collecte, quand on fait de la fibre noire ou du FTTB, on le vend beaucoup plus cher que si l’on fait du FTTH. Cela ne durera pas et cela n’a d’ailleurs aucun sens de vendre un lien 1 Gbit/s à une entreprise 30 000 euros par mois, c’est une image, alors que le lien fibre atterrissant dans un appartement qui pourra également faire 1 Gbit/s sera vendu un jour un euro. C’est un tarif qui nous a été demandé par un opérateur national, évidemment pour l’instant nous n’avons pas donné suite ! Forcément les deux offres vont se rapprocher. Il n’y a pas de différence entre la fibre que l’on tire dans une entreprise et celle que l’on tire dans un appartement. Pour l’instant nous jouons la péréquation.
Nous nous sommes également battus pour faire de l’hébergement de proximité, en partant du constat que, dans les zones d’activités, de nombreuses entreprises ont des petits services informatiques, et elles veulent pouvoir sauvegarder leur serveur ou accéder à des transits à des prix hyper intéressants. Nous avons travaillé dans ce sens pour attirer ensuite des sociétés (call-centers, archivage…). Notre plus belle réalisation a été d’amener des data-centers sur Chartres.
Nous accompagnons également les collectivités locales. Nous avons donc défini des règles d’ingénierie, proposé des outils de carto, et nous avons réfléchi à quel débit pour quels services ? Je ne suis pas convaincu à ce jour que les applications soient là pour utiliser 1 Gbit/ symétrique dans les habitations, ni même dans les écoles ou les mairies. D’un autre côté, le problème n’est pas 10, 100 Mbit/s ou 1 Gbit/s, mais il est d’amener une fibre qui sera pérenne pour les décennies qui viennent. Nous sommes une vingtaine de personnes maintenant au sein de cette structure et nous passons pas mal de temps à traduire, comprendre, réagir sur des documents qui émanent de l’ARCEP. En plus, en tant que régie d’électricité, outre l’ARCEP, nous avons la CRE, le ministère de l’industrie… C’est un peu phagocytant. D’un autre côté, si l’on veut se développer, on ne peut pas faire autrement.
Dernière chose, avant de nous lancer dans le FTTH, nous avons accompagné, sur le département cette fois, la montée en débit dans les zones blanches. A ce jour nous avons 1 000 connexions BLR, 6 Mbit/s descendant et 4 Mbit/s montant, que nous espérons pouvoir passer à 24 Mbit/s descendant. Dans ce cadre, nous travaillons avec des opérateurs via un portail, puisqu’il est hors de question, que cela soit pour ces opérateurs de détail ou pour les opérateurs de gros, de passer via des fichiers Excel, des coups de téléphone, des fax, etc... Nous avons donc développé un modèle informatique.

Une collecte taillée pour le FTTH
Voici une carte de l’Eure-et-Loir, avec en jaune l’espace du SEIPC et en blanc le grand réseau de collecte que nous avons construit. Comme cela a été dit précédemment pour le SDAN, l’Eure-et-Loir a la chance d’être à côté des Yvelines et de la région parisienne. Une de nos premières actions pour pouvoir amener des entreprises a été de construire une boucle avec la région parisienne, TH2 et le Netcenter de Courbevoie pour les initiés. Et nous avons eu la chance de pouvoir compter sur un investisseur privé à la limite du généreux donateur, qui a construit d’énormes data-centers sur Chartres et nous a demandé de réaliser en propre les génies civils blancs que vous voyez. Grosso modo, le haut de la ligne blanche qui monte et qui rejoint les réseaux du RIP Connectic 78, jusqu’à Mantes-la-Jolie ; et en bas, le tracé qui monte et qui descend a une interconnexion avec Connectic 78 à Saint-Symphorien-le-Château, qui est le site français d’Eutelsat à partir duquel il contrôle ses satellites et où il a un data-center. Nous avons donc une boucle autour de l’agglomération, et nous sommes en train de travailler à une boucle sur la région drouaise, sans interférer avec le SDAN puisque nous essayons pour l’instant de nous concentrer sur les grands maillages et les collectes. Il est hors de question pour nous d’anticiper ce qui pourra sortir du SDAN. Nous verrons comment nous nous y inscrivons par la suite.
En vert, c’est le projet « Green HD » situé en pleine campagne et qui est la réponse à l’appel d’offres du FEADER sur la montée en débit dans les zones rurales. Cela nous sert à alimenter des NRA qui n’étaient pas dégroupés, des points BLR, des antennes en GSM pour passer en 3G, des écoles, etc... C’est en cours de production.



Je reviendrai à la fin sur la petite zone rouge située en plein milieu. C’est la zone pilote de notre futur pavage sur les 71 communes, puisqu’il faut que nous répondions dans les meilleurs délais à l’appel à manifestation d’intérêt. L’idée a été d’apporter une réponse globale pour les 71 communes du syndicat. Nous élaborons le plan de pavage, mais c’est le seul pavé dont nous sommes vraiment sûrs. C’est un peu compliqué à faire, il faut être au moins sur une commune entière, ne pas être trop loin d’un local France Télécom, car travailler avec Orange nous semble être une bonne idée à l’avenir… Il y a beaucoup de choses à respecter. En tout cas, cela vous donne une idée de ce que peut représenter une communauté de communes avec 2 000 lignes FTTH dans le monde rural dans notre département.

2009-2010 FTTH - 2 000 prises « urbaines »
Avant de déployer un NRO dans le monde rural, nous avons réalisé en 2009-2010 un premier NRO de 2 000 lignes, qui faute de combattants en mode passif, est toujours en mode activé à ce jour. Nous avons soumis ces 2 000 lignes aux grands opérateurs et nous étions prêts à faire du développement pour pouvoir faire une interconnexion directe. Manifestement, le mode activité ne leur convient pas, mais étant donné que pour les cinq projets de test, le mode passif ne leur convient pas non plus… Il va peut être falloir faire du passif activé, ou de l’actif passif. Je ne sais pas encore, mais nous allons y arriver, nous ne désespérons pas.



A ce jour, quatre opérateurs opèrent sur ces 2 000 prises (Numéo, e-tera, Alsatis, et Wibox bientôt). Le NRO est un local qui fait moins de 20 m2 et il a été conçu avant la notion de PM, la réglementation était en cours, le point de mutualisation n’existait pas. Cela tombe bien, parce que pour nous le PM est égal à un NRO, et parce qu’à la fin tout le monde s’est à peu près mis d’accord sur un maximum de 2 000 lignes sur le point de mutualisation ou le NRO, et c’est notre cas. Cela tient du coup de bol, en fait nous avons signé avec un aménageur de zones d’activités qui construisait plein d’immeubles représentant 2 000 appartements.
Des fibres de collecte sont évidemment à la disposition des opérateurs. Nous ne sommes pas en quadri-fibre, toujours pour la même raison, c’était avant la réglementation, sinon nous aurions fait monter quatre fibres dans les appartements. Je ne suis en revanche pas convaincu que nous aurions proposé du co-investissement à nos camarades avant qu’on nous y oblige, car ils nous auraient mangé les parts de marché. On peut le voir comme cela, mais c’est peut-être en train d’évoluer. Pour l’instant, nous n’avons pas non plus fait du mono-fibre mais du surnuméraire, c’est-à-dire qu’il y a plus de fibres que d’appartements pour envisager ce qui pourrait se passer à l’avenir.
Concernant le taux de pénétration, je vais enfoncer une porte qui a été ouverte plusieurs fois aujourd’hui. Pour les clients ayant un accès Adsl correct, voire un peu plus mais au-dessous de 1 Mbit/s, il n’y a pas de problème, nous avons plus de 50 % de pénétration. Quand la rue dispose de triple play, nous sommes en dessous de 5 %, voire même en dessous de 1 % ! Et pourtant nous faisons des offres, nous faisons plein de choses, mais la réponse du client est invariable, ils veulent du Orange, du SFR, du Free ou du Darty, ou quelque chose qui passe avant la météo de 20h30 sur TF1. Il veulent ce que l’on peut trouver à l’autre bout de la France ou chez les voisins d’à côté. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons travailler avec les grands opérateurs. C’est très difficile pour de petits opérateurs. C’est un peu bête, parce que finalement, quand les clients ont goûté à ces petits opérateurs, ils sont très contents et ils constatent que finalement, à partir du moment où l’offre est en triple play, c’est aussi bien quand elle n’est pas fournie par un grand opérateur national. Mais voilà la vérité du terrain.
Nous avons fait tout cela avec le soutien de bailleurs privés et publics. Avant que l’ARCEP n’impose quoi que ce soit, nous avions déjà fait signer des conventions à ces bailleurs, qui ressemblent assez à celles que l’on peut trouver sur le site de l’ARCEP.

2010-2011 FTTH - 2 000 prises « rurales »
Aujourd’hui, nous essayons de faire la même chose sur du rural. Mais la législation et beaucoup d’autres choses ont changé. Nous sommes passés en NRO mode « libre », c’est-à-dire qu’il sera possible de faire de l’activé ou pas, peu importe. Nous allons évidemment reproposer une nouvelle fois aux opérateurs historiques de travailler avec nous. Ils viendront ou pas, je ne sais. A la fin, je pense que cela sera bêtement une bataille financière, enfin je l’espère.



Je compte d’ailleurs sur les cinq projets qui auront été mis en place pour dégager un modèle de SI que nous pourrons adopter et qui ne pourra pas nous être opposé au titre du développement industriel des opérateurs nationaux.
Nous avons essayé de faire une conception modulaire, nous ne nous sommes pas limités à 20 m2. Cette limite tient au fait qu’en dessous, il n’y a pas besoin d’un permis de construire ; au-dessus, c’est plus compliqué et plus lent. Le NRO est cette fois conçu comme un PM, les fibres de collecte sont toujours à disposition des opérateurs. La conception est purement mono-fibre, même s’il y aura du surnuméraire, et le taux de pénétration continuera de toute façon de dépendre des débits Adsl.
L’offre de fourreaux de France Télécom n’est pas complètement bouclée, mais le fait de pouvoir utiliser les fourreaux de FT à la ligne occupée pour trois euros par exemple, cela ferait vraiment beaucoup avancer le paysage. Nous espérons bien pouvoir utiliser cette offre. Dans le monde rural, c’est assez rare : très souvent, il y a beaucoup de poteaux FT que nous aimerions utiliser. Nous aurions aussi pu utiliser les poteaux électriques, mais pas de chance, nous n’en avons plus ! Par conséquent, soit nous utilisons les poteaux FT, soit nous recreusons en essayant de passer des accords avec les collectivités qui nous soutiennent dans la démarche, au moins les 71 communes.
J’en finirai par la méthode appliquée. L’idée est de faire un canevas complet des 71 communes, de voir peu ou prou où nous mettrons les NRO, de les déployer le plus rapidement possible et ensuite d’avancer au rythme des collectivités locales nous demandant des raccordements à ce NRO, parce qu’elles viennent de sortir une zone pavillonnaire, une ZAC, ou parce qu’elles enfouissent une rue et que c’est l’occasion de passer de la fibre vers les habitants.
Ce que je sais, parce que j’assiste trois fois par an à des assemblées de syndicats de communes où il y a beaucoup de monde, c’est que nous ne pouvons pas dire que nous allons commencer à la commune 1 et finir à la commune 71. Si je fais cela, je n’ai plus de voiture, tout sera brulé ! Sur les communes rurales de ce type, nous sommes obligés d’avoir une démarche d’approche globale.
Ensuite, guichet A ou B ; A en tant que régie, B en tant que collectivité, je ne sais pas. Tout dépendra fortement du SDAN et de ce qui aura été fait, puisqu’il faut quand même y arriver pour le plus grand bien de tout le département en même temps. Nous attendrons donc les résultats du SDAN pour savoir quels financements nous demanderons ou pas, puisque les schémas directeurs sont là pour fournir ce type d’informations.


- Patrick VUITTON
Nous allons poursuivre avec Cyril LUNEAU, le Président de SFR Collectivités. Je disais tout à l’heure que nous sommes assez fiers puisque, il y a huit réseaux d’initiative publique aujourd’hui en exploitation, et les huit sont représentés autour de cette table, ce qui donne un panel assez large. Concernant SFR Collectivités, il y a Gravelines, Opalys, et Manche Numérique qui sont ouverts aujourd’hui.

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- Cyril LUNEAU, Président de SFR Collectivités
En effet, SFR Collectivités est à la fois une entité du groupe mais également une entité juridique à part qui a pour vocation unique de gérer des réseaux d’initiative publique, quels que soient les formats. Il semblerait qu’un certain nombre d’opérateurs aient dit ce matin : « attention, c’est un peu trop tôt, ne construisez pas n’importe quoi, on ne viendra pas si cela ne correspond pas à nos attentes… ». Nous avons entendu ensuite des collectivités qui ont affiché un volontarisme déterminé, notamment la Savoie et l’Eure-et-Loir, en disant qu’elles avaient des projets et qu’elles comptaient bien les mettre en œuvre.

Au milieu de tout cela, nous sommes des opérateurs de réseaux d’initiative publique, le trait d’union entre la volonté des collectivités d’une part et d’autre part celle des opérateurs de profiter de ces réseaux pour proposer leurs services. Cela veut dire que nous intervenons au niveau de la conception, de la réalisation parfois, de l’exploitation, puisque nous allons parler de réseaux qui sont exploités, et de la commercialisation. Nous participons également en tant qu’investisseurs auprès des collectivités, et nous en sommes donc totalement partenaires dans ce projet commun. Je voudrais faire un point rapide pour vous dire où nous en sommes sur les réseaux d’Opalys, de Manche Numérique et de Gravelines, afin de vous montrer la grande disparité qu’il y a avec ce que nous avons pu imaginer quelques années auparavant. Il faut savoir que, ce que nous avons signé en 2007 ou en 2008 a été imaginé un an ou peut-être même deux ans avant. Parce que les processus sont assez longs et que les choses ont beaucoup changé depuis.

Sur Opalys, c’est une DPS d’une durée de 20 ans qui a été signée en janvier 2007. Il s’agit d’un modèle actif, avec un arbre G-PON et la construction de 11 NRO qui desservent 13 communes en première périphérie de Paris. Nous faisons la construction et l’exploitation d’un réseau FTTH avec un câblage en mono-fibre optique des immeubles, notre délégant est le SIPPEREC, et aujourd’hui, nous avons 20 000 prises commercialisables. Nous avons lancé une offre de référence qui a été publiée en mars 2010 pour proposer un co-investissement des câblages verticaux et des raccordements palier du parc existant. Nous ferons une nouvelle offre de référence qui sera publiée pour les nouveaux déploiements. En parallèle, nous avons proposé à l’ensemble des opérateurs nationaux d’ouvrir la commercialisation sur le réseau passif, avec raccordement en pied d’immeubles, avant la publication et la labellisation de l’offre de référence. C’est-à-dire qu’une fois que les prises ont été réalisées, nous avons permis aux opérateurs de venir. Enfin, puisque les choses évoluent, entre mars et septembre nous avons encore fait évoluer notre offre de référence en prenant en compte un certain nombre de réflexions et d’observations avancées par les opérateurs. Nous les avons intégrées dans une nouvelle offre de référence que nous avons envoyée en septembre, tout récemment donc. Nous attendons validation de la part du délégant, puisque, au-delà du fait de se mettre d’accord avec les opérateurs, il faut évidemment que le délégant accepte ce que nous proposons.

Sur Manche Télécom, c’est une DPS d’une durée de 15 ans qui a été signée en 2006. Nous avons fait un avenant avec la collectivité pour déployer sur Saint-Lô et sur la CUC (la Communauté urbaine de Cherbourg) 26 000 prises ; 4 000 sur Saint-Lô et 22 000 sur Cherbourg. Pour l’architecture retenue, nous ne sommes plus dans un arbre G-PON mais dans du point à point mono-fibre qui est livré au NRO. C’est-à-dire que nous avons vraiment une architecture comprenant le vertical et l’horizontal et qui est livrée en un point central NRO. Il y en a six, un sur Saint-Lô et cinq sur Cherbourg. Le catalogue est en cours de discussion pour tenir compte des évolutions, à la fois avec les FAI et la collectivité. Et nous avons fait des propositions aux FAI pour accéder au réseau sous forme d’une lettre d’intention avant que l’ensemble du catalogue soit validé à la fois par eux et par le délégant. Puisqu’il y a un certain nombre de prises, nous essayons de trouver un mode de mise à disposition de ces prises en attendant. Enfin, nous sommes en discussion avec la collectivité délégante sur des modalités de déploiement additionnel en particulier sur la complétude de la plaque saint-loise. Nous continuons à avancer, même si certaines choses ne sont pas finalisées, puisque Manche Télécom, qui est le délégataire de Manche numérique, a postulé en partenariat avec la collectivité ainsi que des opérateurs nationaux, à l’appel à projets gouvernemental des expérimentations sur les zones moyennement denses.

Gravelines doit montrer qu’une DSP câble n’est pas condamnée à rester sur un modèle FTTH non ouvert à tous et qu’il y a une vie après le câble. Nous avons donc essayé de lancer cette opération et nous y sommes parvenus. La DSP d’une durée de 15 ans a été signée fin 2008, c’est une architecture passive, en point à point, bi-fibre avec 4 500 prises. L’objectif du contrat est de moderniser le réseau câblé existant, de raccorder les fibres optiques de 5 000 foyers et 800 logements à construire, et de maintenir le service antenne sur l’ensemble des prises.

Voilà les expérimentations grandeur nature que nous avons faites, au-delà de 500 prises, ce sont quand même des volumes importants. Sur les zones denses, il y a des préconisations de l’ARCEP et des opérateurs qui prévoient une approche par les coûts. Cela a pour conséquence de déstabiliser ce qui a été imaginé il y a quelques années. Nous avons une concurrence qui est préconisée sur l’horizontal et une mutualisation sur le vertical. Il y a un co-investissement sur le vertical, ce qui n’était pas prévu au démarrage ; des règles définies sur le vertical supérieur à 12 logements ; et pour l’instant il n’y a pas de préconisation véritable sur le reste, c’est-à-dire y compris le pavillonnaire. Car il y a aussi du pavillon sur les zones denses. Nous avons des problèmes à régler du type amortissement, durée, qui ne sont pas forcément cohérents avec la durée des RIP.

Sur les zones moyennement denses, le modèle reste à écrire. Nous avons un modèle du RIP sur le FTTH qui doit permettre aux acteurs industriels de coexister avec des acteurs locaux ou avec des acteurs de niches. Cela implique plusieurs choses qui ont été évoquées tout à l’heure. Nous voyons bien qu’il y a une quasi obligation de faire venir les acteurs industriels, les FAI nationaux, pour que le modèle tienne. Les expérimentations doivent permettre de déterminer d’une part dans quelles conditions ces acteurs peuvent venir, et d’autre part ce qui est du domaine du service public et ce qui ne l’est pas. Il y a donc trois opérateurs nationaux présents et en parallèle une offre peut-être active, ou alors qui viendrait de celui qui opère les réseaux pour le compte de la DSP, donc une offre active, ou alors un des trois opérateurs nationaux qui pourrait faire une offre de gros active pour un acteur de niche, un acteur local.

Sur les trois opérations que nous pilotons, nous avons des offres qui sont totalement différentes les unes des autres, que cela soit dans leur volume, dans leur architecture, leur durée, le modèle choisi… Si nous faisons du sur-mesure, nous sentons qu’il y a une impossibilité de faire venir les opérateurs nationaux parce que la fibre doit correspondre à ce qui est le « gold » de l’offre de services. Il faut que ce soit mieux que ce qui existe sur le DSL. Si c’est plus difficile, moins qualitatif, cela va être compliqué. Donc les conditions techniques de maintenance, l’architecture, les modes de commercialisation sont importants, ainsi que l’installation, le marketing et le pricing qui doit être cohérent par rapport à une offre nationale.

Deuxièmement, si nous voulons faire venir un opérateur de niche ou un opérateur local, nous devons avoir un catalogue plus adapté, Benoît LOUTREL en a parlé. Pourquoi pas une tarification à la ligne ? Pourquoi pas une offre proportionnelle à la part de marché de ce dernier ? Il faut donc réfléchir à l’ensemble et à une offre adaptée, sans barrière, notamment technique.

Nous sommes donc profondément enthousiastes et optimistes sur ce que nous devons faire, il nous reste beaucoup de choses à réaliser au sein de ces DSP et des futures DSP sur lesquelles nous nous engageons. Nous avons les compétences pour y arriver, nous avons des acteurs avec lesquels nous pouvons discuter, les délégants sont là aussi pour comprendre la problématique. Je rappelle que nous sommes partenaires au niveau de ces opérations auprès des collectivités, et de ce fait, un dialogue constructif doit permettre de faire aboutir et atterrir ces modèles. Je n’ai finalement qu’une envie, c’est de faire mentir Benoît LOUTREL qui parlait d’une recette pour un échec, sur ces opérations en tout cas. Bien sûr, nous sommes partis un peu en avance et nous savons que ceux qui sont trop en avance ont souvent tort, mais nous allons essayer de faire mentir les choses pour faire en sorte que les modèles soient pérennes et que nous arrivions au bout de ce que nous avons décidé avec la collectivité.


- Patrick VUITTON
Jean-Michel SOULIER, pour Covage, la peinture est presque encore fraîche sur le réseau que vous exploitez à Angoulême et vous avez également des prises signées à Dunkerque…

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- Jean-Michel SOULIER, Président de Covage
(cette présentation s’appuie sur un diaporama)

Effectivement. Je vous remercie de me donner la parole pour faire un retour d’expérience qui sera très frais puisqu’il date d’aujourd’hui : nous avons éteint un ancien réseau préexistant pour allumer un réseau FTTH dans le cadre de ce projet à Angoulême.
A titre d’introduction, et pour repartir là où s’est arrêté Cyril LUNEAU, je voudrais relever que les expérimentations dans le cadre des projets pilotes et les expériences préexistantes ont été opposées. Je ne suis pas sûr qu’il y ait une opposition, dans la mesure où les expériences vont nourrir les projets pilotes et faire en sorte qu’ils puissent être développés plus rapidement en tenant compte des choses qui ont déjà été faites, afin qu’ils puissent donner des résultats plus intéressants et probants plus rapidement.

Le fait qu’il y ait des projets pilotes et de nouveaux cadres de développement ne nous empêche pas de nous lancer dans des expériences qui ne sont pas des expérimentations, mais bien des services, dans lesquels nous n’avons pas le droit d’échouer puisque nous avons le devoir de fournir un service à un utilisateur final.

Covage
Le projet d’Angoulême, se fait dans le cadre d’une DSP, la DSP du Grand Angoulême. Ce projet FTTH a été développé du fait de l’investissement déjà réalisé dans la DSP qui avait permis le déploiement d’un réseau horizontal, en partenariat avec un bailleur social, Vilogia Le Foyer, et également avec le soutien de la région Poitou-Charentes. Il y a donc beaucoup de parties prenantes dans ce projet.



La DSP Solstice Grand Angoulême
La DSP Solstice Grand Angoulême existe depuis quelques années. C’est un réseau de 127 km assez traditionnel, c’est-à-dire réseau de collecte pour le haut débit, et réseau qui irrigue les entreprises, les zones d’activités, et permettant, plutôt dans le cadre professionnel et entreprise, d’avoir des services Très haut débit. Une particularité de cette DSP est qu’une partie du réseau a été déployée dans des quartiers où il y a beaucoup de logements sociaux, et en prévision de projets FTTH à développer ultérieurement.





L’environnement du projet FTTH
Premièrement, nous partons d’une problématique réelle et existante, celle d’un bailleur social qui a comme obligation de fournir la télévision numérique à partir de la date précise d’aujourd’hui.
Ensuite nous nous sommes demandé comment transformer cette contrainte en opportunité. Du fait que nous devions rendre un service, nous n’avons pas pu faire un projet qui se limitait à expérimenter l’horizontal, à voir quelle était la taille idéale d’un point de mutualisation, ou à voir comment faire le vertical. Première caractéristique de ce projet : il faut délivrer le service de bout en bout. Sa deuxième caractéristique, puisque nous parlons de services, c’est qu’il est activé : c’est un projet qui inclut les équipements électroniques nécessaires à la fourniture du service. Troisième particularité : il y a un produit d’appel absolument incontournable, qui fait que 95 % des gens nous ont ouvert leur porte et nous ont permis d’installer nos équipements, puisqu’il n’y a pas de télévision sans que le réseau soit déployé.



Ensuite, nous avons également réfléchi avec les partenaires sur les services à valeur ajoutée que nous pouvions apporter, et il a été suggéré de développer une solution d’efficience énergétique qui permet, grâce au réseau de fibre, de contrôler les consommations principales des immeubles et de les piloter à distance.

Le périmètre du projet FTTH
Il se trouve dans deux quartiers d’Angoulême, « Le Treuil » et « Le Champ de Manœuvre » : au total cela concerne 33 bâtiments et 1 056 logements. Ce n’est donc pas une taille critique pour un grand opérateur, mais c’est une taille réelle et suffisante, où 1 056 x 3 ou 4 personnes attendent qu’un service concret leur soit délivré.



« Le Champ de Manœuvre » (Soyaux)
Vous voyez qu’il s’agit d’un quartier assez dense et le réseau existant était déjà présent au pied de chaque immeuble.



« Le Treuil » (Gond-Pontouvre)
Le deuxième quartier est un peu plus petit mais c’est le même type de quartier assez dense avec le réseau existant qui passait au pied de chaque immeuble.



Boîtier d’étage
Comme c’est un réseau de bout en bout et pas une expérimentation partielle, nous avons déployé dans chaque immeuble, au niveau du déploiement vertical, des boîtiers qui permettent de délivrer la fibre dans chaque appartement.



« Box » en place chez le particulier
Nous avons également dû frapper à chaque porte pour installer un boîtier, une box, dans chaque appartement. Le rôle de cette box est d’être le terminal optique pour délivrer le service de données mais également d’être le décodeur de la solution technique que nous avons choisie pour la télévision numérique.



Retour d’expérience
Au niveau du retour d’expérience, heureusement les travaux sont terminés, puisque nous avons ouvert le service aujourd’hui !



Il est important de constater qu’à partir du moment où nous avions un produit d’appel très fort et essentiel, 95 % des box ont pu être installées. Le problème des réseaux FTTH qui ont été déployés dans pas mal de villes, et qui se voulaient des réseaux activés de bout en bout, c’est que le taux d’ouverture des portes était assez faible. Dès lors que nous proposions un service essentiel, comme la télévision, nous avons obtenu 95 % d’installation des box (un seul refus d’installation).
Le service TNT a été ouvert le 6 septembre, préalablement à la date d’ouverture officielle, et entre hier et aujourd’hui nous avons basculé au numérique, c’est-à-dire que l’ancien réseau qui délivrait la télévision analogique ne fonctionne plus et que les personnes qui veulent continuer à regarder la télévision doivent brancher leur téléviseur ou leur décodeur TNT dans leur nouvelle box. Nous avons un feed back positif au sens où les problèmes, lorsqu’il y en a, ne concernent pas le réseau, qui fonctionne bien, mais le fait qu’il faut régler le poste de télévision pour qu’il se recale sur les nouveaux canaux. C’est donc très simple à résoudre.

Architecture technique
Nous avons derrière tout cela une architecture technique, sur laquelle je ne vais pas m’étendre, mais qui a la particularité d’utiliser le même réseau fibre optique pour introduire le signal de télévision numérique dans le réseau, en parallèle du signal IP, le signal de données, qui est lui-même utilisé pour les services triple play. Il y a donc une tête de réseau, évidemment basée à Angoulême ; les équipements qui permettent à la fois de gérer et d’intégrer le flux de télévision ; et ensuite, c’est un réseau GPON, il y a donc des coupleurs et des boîtes dans chaque appartement, qui servent de terminal optique pour le flux de données et de décodeur pour extraire le flux de télévision. Ensuite, soit l’utilisateur peut brancher directement son téléviseur, voire son PC, dans la box qui est installée dans l’appartement, soit les fournisseurs d’accès peuvent rajouter leurs propres box pour apporter des services complémentaires qui leur sont propres. Les fournisseurs d’accès peuvent évidemment s’interconnecter avec la tête de réseau pour fournir leurs services.



Le réseau fibre optique au service des locataires Nous avons également une grille tarifaire spécifique. Le premier service, c’est le service antenne : il fait partie des obligations du bailleur, c’est donc un service qui est fourni par la DSP d’Angoulême au bailleur, mais le client final n’a pas à payer pour ce service, c’est inclus dans ses charges habituelles.



Et il y a des services haut débit. Comme toute DSP, nous ne fournissons pas le service haut débit au client final, nous passons par des fournisseurs d’accès internet et des fournisseurs de services, avec une offre de gros qui est adaptée à ce contexte, mais qui pourrait être étendue à d’autres, basée essentiellement sur la location de ligne, et non pas sur les notions d’achat d’IRU, de coconstruction qui ne s’adaptent pas à la taille du marché couvert.

Deux niveaux de services sont proposés : un niveau standard offrant 100 Mbit/s sur une ligne FTTH, et un autre niveau dit social, c’est-à-dire avec un tarif un peu subventionné, mais limitant le flux de données à 2 Mbit/s. Compte tenu de la clientèle, ce service social est évidemment nécessaire et devrait rencontrer un succès certain.
Nous avons également un tarif de fibre noire, au cas où un opérateur déciderait d’installer ses propres équipements, ce qui me paraît moyennement probable compte tenu de la taille du marché, mais néanmoins il existe !
Les fournisseurs d’accès à internet
Il y a des fournisseurs d’accès à internet, mais nous faisons la même constatation que dans les présentations préalables : ce sont plutôt des fournisseurs alternatifs, pas les grands fournisseurs de services. Néanmoins ils ont l’avantage d’être présents, d’avoir la volonté de se différencier et l’avantage de la proximité vis-à-vis des clients. Il s’agit d’Alsatis, ComCable, Wibox, Nomotech, Numéo, et les services fournis sont assez variés et standards.





Aujourd’hui, le service ouvert, à date, c’est le service de télévision, et nous finalisons la mise au point des services triple play qui ne sont pas encore ouverts commercialement, mais ils le seront très prochainement. Notre idée était de faire les choses de façon phasée pour ne pas avoir le « big bang » qui pourrait poser des problèmes à certains locataires.

Backoffice Covage
Evidemment, le rôle de Covage est de fournir tous les services nécessaires à l’exploitation, et en particulier une hotline. Nous avons la capacité d’intervenir soit pour les problèmes de télévision quand c’est à nous de gérer, soit pour le fournisseur de services quand lui-même rencontre un problème et qu’il a besoin de se retourner vers nous.



Le réseau de transmission national Covage
Le service complémentaire que nous fournissons aux FAI, c’est qu’ils n’ont pas nécessairement besoin d’avoir une présence physique à Angoulême, ils peuvent, grâce au réseau national de Covage, avoir un point d’interconnexion de leur choix, cela peut être Paris mais aussi n’importe où ailleurs dans le réseau, de façon à injecter leurs signaux et les livrer à Angoulême. Il y a ceux qui choisissent la proximité et ceux qui choisissent d’étendre leur marché en étant présents à Angoulême, mais à partir d’un autre point.





En guise de conclusion sur le retour d’expérience, je voudrais revenir sur quelques points. Premièrement, à notre avis, c’est un modèle qui fonctionne. Evidemment nous avons l’optimisme de ceux qui viennent de démarrer, mais nous en sommes assez convaincus. Ce n’est pas nécessairement le modèle à déployer partout, ni celui qui sera retenu dans les expérimentations des projets pilotes, mais il fonctionne et est particulièrement bien adapté à certains contextes, notamment celui du logement social, mais éventuellement à d’autres.
Les appels à projets nous paraissent absolument nécessaires car ils vont répondre au problème des économies d’échelles. Nous sommes parfaitement conscients que les grands opérateurs ne peuvent pas s’adapter à 100, 200, 300 petits réseaux locaux, mais que c’est plutôt aux réseaux locaux de s’adapter à leurs besoins. C’est ce que nous cherchons à faire avec ce projet à Angoulême, mais le fait de le faire dans le cadre d’une initiative menée par l’Etat est extrêmement intéressant parce que cela va un peu forcer tout le monde à se mettre d’accord. L’idée de développer des processus et des standards communs nous paraît très positive et de nature à accélérer les choses ultérieurement. Nous souscrivons donc totalement à cette démarche.
Si, au-delà, nous nous posons la question de la généralisation, il est vrai qu’il y a des enjeux financiers assez importants. Ce dont nous sommes convaincus chez Covage, c’est qu’il n’y a pas de problème de financement, contrairement à ce que l’on entend. Des financements aujourd’hui, il y en a, il y a des fonds d’infrastructures qui ont toujours été présents sur ces marchés, et j’ai lu très récemment que, les banques n’ayant plus le droit de faire autant de trading spéculatif qu’avant, elles cherchaient à dégager de nouvelles marges dans les financements structurés. Il y a donc de plus en plus de concurrence au niveau des financements de grands projets sur des infrastructures avec des taux de retour longs. En revanche, il y a un problème de demande. Pas au sens où les gens ne veulent pas de Très haut débit, la question ne se pose pas et l’expérience montre que, dès que l’on donne plus de débit, instantanément la consommation suit. Mais aujourd’hui, il n’y a pas de demande claire, concrète des grands opérateurs pour acheter des liens sur les réseaux d’initiative publique. C’est pour cela que nous travaillons beaucoup avec de petits opérateurs, et tant mieux d’ailleurs, car cela leur permet de se développer. Mais dans l’équation économique, il faudrait aussi qu’il y ait de grands opérateurs.
Quand on éteint un ancien réseau, comme celui de la télévision analogique, et qu’on le remplace par le réseau de la TNT, nous voyons bien qu’il n’y a pas de problème pour investir, des solutions sont trouvées : puisque le réseau s’arrête, il faut le remplacer. Si l’on éteignait le cuivre, on trouverait des solutions pour investir dans la fibre. Comme il n’en est pas question et qu’on ne veut pas spolier les opérateurs des investissements qu’ils ont faits dans le cuivre, on peut quand même réfléchir à des incitations fortes pour les aider et pour créer cette demande forte et solvable sur les réseaux d’initiative publique. J’en reviens au programme du Grand emprunt et du fonds d’investissement. On parle de volet A et de volet B ; je n’ai pas très bien compris la force coercitive du volet A. Le volet B me paraît évidemment fondamental puisqu’il soutient les initiatives des collectivités. On pourraient réfléchir à des modèles qui, sans être coercitifs ou de sanction, seraient des modèles très incitatifs. Par exemple, on pourrait dire à un opérateur, qu’il soit grand ou petit, qu’il ne peut avoir accès au financement dans le cadre du volet A, donc des projets privés, que à hauteur de sa volonté à utiliser les projets du volet B, c’est-à-dire les projets publics. On pourrait donner un droit de tirage sur le milliard du volet A en fonction de ce qui serait pris comment engagement de commande ou comme achat effectif sur le volet B. Cela serait quelque chose de très simple à mettre en œuvre et que je voulais soumettre à votre réflexion aujourd’hui. Quitte à dire, si finalement les opérateurs répondent « c’est trop compliqué, cela ne nous plaît pas », et qu’il n’utilisent pas le milliard du volet A, que ce milliard puisse être reporté sur le volet B. Cela me paraîtrait une solution tout à fait raisonnable qui, à défaut de garantir une demande pour les collectivités se lançant dans des projets, au moins leur garantirait d’avoir deux milliards au lieu d’un, ce qui n’est pas négligeable.
D’ores et déjà, nous faisons, comme nos collègues, des projets avec des collectivités qui sont engagées, et c’est très positif. Il y a les expérimentations du Grand emprunt et c’est vraiment une très bonne chose, il faut standardiser, sinon cela ne fonctionnera pas. Ensuite, il y a l’aspect financier et incitatif où une réflexion peut encore avoir lieu. J’appelle de mes vœux toute évolution qui pourrait aider davantage la partie collectivité que la partie privée au sens où, dans le privé, nous avons à faire à des opérateurs qui ont accès au marché financier, alors que dans le public, toute incitation plus forte au niveau financier permettrait de résoudre tous les problèmes dont nous avons parlé aujourd’hui.


- Patrick VUITTON
Merci. Le dernier intervenant de la session, mais aussi du colloque, est Pierre-Eric SAINT-ANDRE pour Axione, avec un paradoxe un peu voulu : c’est le premier à avoir opéré un réseau FTTH d’initiative publique à Pau. Il a donc à ce titre une expérience cumulée de quelques années à nous faire partager.

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- Pierre-Eric SAINT-ANDRE, Directeur général d’Axione
Mon propos ne s’adresse pas aux Parisiens. S’il y en a beaucoup dans cette salle, je vous invite à la libérer immédiatement ! En zone 1, 148 communes sont listées et figurent sur le site de l’ARCEP. A mon avis la dépense publique doit penser à d’autres choses, s’organiser sur les usages... Mais la zone 1, mon propos est très simple et liminaire, je n’y touche plus, et je m’adresse plutôt aux 36 000 autres communes. Quand mes équipes m’ont annoncé que j’intervenais à l’Avicca » j’ai eu un blanc, et j’ai dit : « l’Avicca fait deux séminaires par an maintenant ? Il s’est déjà écoulé un an, nous avons beaucoup travaillé, mais s’ils veulent que nous parlions du FTHH, ils peuvent reprendre l’intervention de l’année dernière, parce qu’il ne s’est pas passé grand chose depuis et je n’ai pas d’éléments additionnels pour dire quels sont les clés d’un déploiement FTTH ».

Je me suis donc dit que j’allais vous raconter une histoire. Il y a 10 ou 15 ans, les collectivités payaient excessivement cher 28 kbit/s, 56 kbit/s, leur trafic qu’on appelait du RNIS ou du Transfix. De toute façon, il n’y avait qu’une offre. Certaines d’entre elles ont fait le calcul d’interconnecter leur bâtiments administratifs, et se sont demandé en combien de temps elles rentabiliseraient cette interconnexion. Certaines ont découvert que cela prendrait trois mois, d’autres six mois et, pour les plus malchanceuses, un peu moins d’un an… Elles ont donc décidé d’interconnecter leurs bâtiments et de les faire communiquer entre eux. Ensuite, il y a eu des fibres dans les villes, et elles se sont demandé si elles pouvaient les utiliser et les commercialiser. Le L 1511-6 leur permettait de faire de la fibre noire, elles en ont donc voulu. Et puis le dégroupage est arrivé, elles ont voulu aller chercher les répartiteurs. Progressivement, le L 1425 est arrivé, les collectivités se sont lancées, et elles se sont constitué un réseau de collecte, sans faire de bruit, sans prendre trop de risques, dans un certain cadre réglementaire qui s’est construit petit à petit, mais à l’initiative des collectivités. C’est très important.

En 2004, quand nous lançons Pau en FTTH, il n’y a pas de L 1425-1, ni d’emprunt national. Il y a un élu qui dit : « l’infrastructure fibre optique est une infrastructure du même type que mon réseau électrique, mon réseau d’eau ou mon réseau de gaz : c’est la quatrième infrastructure essentielle de mon territoire, je vais donc l’en équiper, et le cadre législatif et réglementaire s’adaptera, en revanche, il faut que je fasse des choix techniques cohérents ».

Des collectivités qui avaient un réseau de collecte sont donc allées progressivement vers des réseaux de desserte et nous avons la chance d’en avoir rencontré dans notre parcours. Depuis 2004, nous en avons rencontré trois : Gonfreville-l’Orcher, qui est une commune de la Communauté d’agglomération du Havre, l’Agglomération de Pau, et le Syndicat mixte Drôme-Ardèche et sept de ses communes qui, pour des zones de revitalisation urbaine, ont déployé un réseau FTTH. Au total nous avons déployé 75 000 prises à ce jour.

Je vais vous dire très concrètement ce qu’il en est sur ces réseaux. A Pau, le taux d’activation de notre parc de prises est de 20 %. L’ingénierie fibre optique permet de supporter toutes les architectures des opérateurs, notamment des grands, en point à point et en PON, et s’adapte au cadre de loi qui se met en place sur le PM, alors même qu’elle date de 2004. Cela montre que nous savons faire des ingénieries pérennes et durables. Après, le marché, le régulateur et le législateur mettent plus de temps, mais c’est un autre sujet. Nous avons activé ce réseau y compris sur des architectures point à point, même s’il est possible d’accéder à des offres passives que nous mettons aujourd’hui en place puisque les opérateurs en veulent. Nous sommes là pour leur rendre service, c’est notre seul métier. Il faut les écouter, les comprendre, ils ne sont pas forcément dans le même timing ou la même temporalité que vous, mais c’est comme ça. Certains acteurs ont vocation à équiper le territoire et à devenir de véritables partenaires, d’autres n’ont pas ce type de stratégie. A vous de tirer les leçons des positions des uns et des autres, dans tous vos choix.

Sur l’offre, notre qualité de service est excellente : aujourd’hui les usages sont beaucoup autour de la simultanéité et de la capacité de transport. Les abonnés FTTH consomment 12 fois plus de trafic en upload qu’en Adsl et deux fois plus en dowload. Le constat le plus surprenant est qu’il y a deux fois plus de trafic montant que descendant, c’est donc l’inverse de l’Adsl. Parmi les difficultés que nous avons rencontrées : ce projet a démarré sur un strict réseau de desserte, il n’y avait pas de réseau de collecte et il a failli en mourir. Je pèse mes mots : si vous n’avez pas de réseau de collecte, ne vous aventurez pas dans la desserte. La technologie n’était pas mûre en 2004, nous avions un prototype CISCO et une start-up israélienne qui nous proposait des solutions en point à point à l’époque. Quand tout cela s’est mis à fonctionner et à monter en charge, nous nous sommes aperçu que l’ingénierie électrique était super importante, fondamentale. Un grand nombre de pannes viennent de problèmes électriques, et pas télécom. Le dernier point, c’est le système d’information bien sûr, c’est une pierre angulaire du système car nous gérons des processus de masse et il faut donc les automatiser. Sinon, il n’y a aucune économie à la fourniture de services de masse.

En termes de clients, 11 opérateurs utilisent le réseau, nous avons des services de fibre noire, des services de lignes d’accès activés. Il y a un catalogue, les lignes d’accès FTTH démarrent à 14 euros, et les lignes d’accès entreprises démarrent à 29 euros. Je parle des offres pour les opérateurs, bien entendu.

Concernant GO Télécom, nous avons 50 % d’activation. Cela interpelle, mais il n’y a pas de miracle, c’est que nous avons déployé sur une zone grise pour une partie du territoire et blanche pour le reste. C’est-à-dire que le répartiteur de France Télécom est à peu près à 4,5 km du centre-bourg de cette commune de l’agglomération du Havre. Lorsque nous avons allumé le réseau, il y a donc eu une prise d’abonnement massive et rapide, étant entendu que les services FTTH se sont vendus quand même plus cher que les services Adsl.

Nous avons un service collectif, « l’alerte box ». En effet, le maire qui est dans une Seveso nous a demandé de raccorder tout le monde et de pouvoir allumer la télévision et diffuser un message à tous ses administrés en cas d’alerte sur la raffinerie. 100 % des foyers sont équipés, nous avons fait une bi-prise, une prise marchande et une prise non marchande sur laquelle tourne une alerte box.

Sur Drôme-Ardèche, nous sommes en cours de déploiement : nous avons fait 100 % de l’horizontal et 70 % du vertical. Point important : nous avons conventionné 100 % des logements de toutes les communes sur lesquelles nous devions déployer. C’est un système qui fonctionne donc bien au niveau du déploiement. Nous préparons l’offre car c’est un peu particulier, il y a 11 000 prises éclatées sur le territoire sur des zones de revitalisation. Il est donc assez intéressant de travailler sur ce troisième type de modèle. En conclusion, il faut retenir, comme je le lisais dans les documents de l’Avicca, que les réseaux d’initiative publique doivent innover en permanence. Je vous le confirme ! Pour s’adapter à tous les opérateurs, c’est une nécessité et c’est notre métier. Il faut servir tous les opérateurs, les plus grands et les plus petits. Quant à innover sur les obligations de co-investissement… Mais nous n’avons pas d’obligations de co-investissement, c’est notre nature d’être un patrimoine totalement mutualisé. Par définition, un réseau d’initiative publique est entièrement mutualisé. Il suffit donc d’avoir des offres appropriées, notamment en matière d’IRU, pour traduire le principe de co-investissement sans aucune difficulté. C’est un fondement, ce n’est pas une obligation, je n’ai aucune contrainte par rapport à cela : nous co-investissons tous les jours dans nos réseaux.

Deuxième conclusion : la collecte est fondamentale. Et aujourd’hui malheureusement, ceux qui n’ont pas construit leur RIP de collecte il y a quelques années vont avoir beaucoup de mal à le faire. Nous avons des difficultés de passage sur les réseaux électriques. Nous parlions des supports aériens, en zone rurale ils sont très importants. Le problème est que, dans nos zones, il n’y a pas de fourreaux de France Télécom. Même en région parisienne, parfois, il n’y en a pas. Ils passent massivement en façades, en supports aériens, et cela concerne la zone 1, pas la zone 2 et la zone 3. En revanche, tous les anciens monopoles ont des appuis aériens, et c’est une infrastructure essentielle pour le déploiement. Aujourd’hui, si ces appuis aériens ne sont pas disponibles, cela sera très difficile de mettre des réseaux de collecte dans la campagne. Parallèlement, comme sur 10 ans, le petit réseau qui interconnectait les bâtiments administratifs est progressivement devenu un gros méchant RIP, il y a eu une évolution du catalogue de France Télécom qui a ouvert une offre de location de fibre optique. Et aujourd’hui, avec le niveau d’écrémage que nous avons dans les départements qui n’ont pas de réseau de collecte, je ne vois pas comment ils peuvent trouver un modèle en concession. Il n’y a que le PPP qui peut répondre à cette question à mon avis et naturellement, ce n’est pas le même coût pour la collectivité. Il y a quelques années à cette tribune, je disais « attention cela va coûter très cher plus tard ». Aujourd’hui je me demande même si c’est faisable. Nous verrons.

En tout cas, nous avons déjà ceux qui ont investi et c’est déjà beaucoup de travail que de collaborer avec eux pour faire évoluer ces réseaux, parce que nous avons besoin d’une visibilité de long terme, d’un cadre de régulation de long terme. Il n’est pas normal que certains puissent déclarer des zones et bénéficier d’un moratoire jusqu’en 2015 pour les équiper, et que les collectivités ne puissent pas elles aussi déclarer des zones et bénéficier d’un moratoire de réflexion ou d’action sur ces zones-là. Je ne vois pas par quelles prérogatives on justifierait que c’est plutôt l’un ou plutôt l’autre qui doit bénéficier de ce moratoire, ou sous quel prétexte. Nous avons juste besoin de visibilité de long terme, nous investissons sur 20 ou 30 ans. Nos partenaires financiers sont le Crédit Agricole ou Santander, la Caisse d’Epargne ou la Caisse des Dépôts et Consignations… Ce sont des acteurs qui ont une très bonne connaissance de l’infrastructure, tout comme les collectivités publiques. Nous savons nous engager sur des projets, de bons projets, mais nous avons besoin de visibilité. On ne peut pas démarrer une partie de football qui se termine par un match de rugby ou de football américain, ce n’est pas possible, ce ne sont pas les mêmes règles, on ne peut pas changer les règles au milieu. Et si on ne les connaît pas, on a du mal à démarrer massivement.

Concernant le financement, je rejoins Jean-Michel SOULIER : il n’y a pas de problème. Je vous invite à lire l’intervention du Président SILICANI au GRACO. Nous avons des banques qui financent des infrastructures énormes. Il y a de bons projets et de mauvais projets. Aujourd’hui, nous devons peut-être plutôt considérer que nous sommes dans la catégorie des mauvais projets, et qu’il faut donc réfléchir.

Pour conclure, vous avez des réseaux, plein de réseaux : des réseaux d’éclairage public, de signalisation lumineuse tricolore, d’assainissement, de voierie… Vous avez des poteaux électriques, des appuis aériens partout. Vous avez des personnels compétents maintenant, depuis des années vous travaillez sur ces problématiques, vous maîtrisez parfaitement ces fondamentaux. Vous avez des bailleurs sociaux, privés, avec lesquels vous êtes partenaires. Vous avez des modèles : la DSP, le contrat de partenariat, les régies. Vous avez du financement : vous avez l’emprunt national au premier trimestre 2011 ! La part privée, nous savons la porter sur de bons projets. Mais ensuite, il faut trouver les critères du dialogue qui permet d’arriver à ce bon projet. Vous avez tout en votre possession, votre destin numérique est entre vos mains. On parle beaucoup d’écrémage et de péréquation : c’est maintenant que cela se passe ! Vous avez une fenêtre de tir de trois ans, dans laquelle vous devez foncer et vous auto-écrémer !


- Patrick VUITTON
Merci pour ces paroles assez engagées et vibrantes. Pendant que les questions se préparent, je voudrais relever un petit mot de Pierre-Eric SAINT-ANDRE se demandant si nous faisions les choses deux fois par an. La réponse est oui, nous ferons un colloque au mois d’avril, dans le même lieu mais pas exactement dans la même articulation, nous allons essayer de varier les plaisirs. Il ne s’agit pas de poser des questions aux mêmes tous les six mois, mais de s’interroger sur l’information géographique, sur l’architecture adaptée au monde rural pour la fibre, etc… Rendez-vous début avril donc, parce que le monde change vite en ce moment.

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Questions / Réponses



- Alexandre MAZIN, ville de Saint-Léonard-de-Noblat
J’avais une question plus particulièrement destinée à Monsieur GUILLOTIN, puisque nous faisons partie des 200 irréductibles à avoir des régies électriques. Je voudrais bénéficier de son retour pour savoir s’il y a une taille critique minimum en dessous de laquelle il n’est pas opportun de se lancer dans l’aventure et de créer un nouveau métier au sein de la régie électrique.


- Alain GUILLOTIN
La taille critique minimum serait d’avoir, soit en sous-traitance, soit en interne, de quoi pouvoir gérer le projet, dans toute sa complétude. Je ne connais pas votre taille mais je connais le métier d’électricien. Il y a des régies minuscules qui ont 500 ou 800 clients et qui s’en sortent de manière autonome. C’est plutôt dans les Alpes, dans un contexte un peu particulier, mais pourquoi pas. Cela rejoint ce qui a été dit concernant Jean-Michel BILLAUT. Quand nous nous sommes lancés dans les télécom, c’est suite à un passage de Jean-Michel BILLAUT à notre conseil d’administration, il y a sept ans. Nous nous sommes dits : pourquoi pas ? En tout cas dans le monde de l’électricité, on constate malheureusement aujourd’hui qu’une taille minimum est effectivement en train de s’imposer pour discuter avec les nouveaux acteurs du marché ouvert électrique. Car la législation devient très compliquée. C’est davantage cela le problème : il faut avoir la force de pouvoir décrypter tous les textes sortis par les uns et les autres, et avoir le carnet d’adresse suffisant.


- Michel LEBON, Consultant
J’ai une question liée à la chronologie de tout de ce processus d’appel à manifestation d’intérêt, de schémas directeurs d’aménagement numérique des territoires : au 31 janvier 2011, les schémas directeurs ne seront pas tous bouclés. N’y a-t-il pas un problème d’efficacité ? Si Monsieur LOUTREL est toujours dans la salle, le gouvernement et le Commissariat général à l’investissement envisagent-ils de réactualiser les dossiers ? Autre question par rapport à ce que j’ai entendu lors ce colloque, sur le rôle que peuvent jouer les opérateurs de gros qui sont au panel, en dehors d’Orange qui regrette feu le GIE. N’y a-t-il pas un moyen d’être plus efficace, de raccourcir les délais et d’envisager par exemple des réponses aux appels à manifestation d’intérêt, où l’on retrouverait Axione, Covage, SFR Collectivités qui essaieraient d’emporter le morceau, quitte à s’associer avec des grands FAI, pour proposer quelque chose qui tienne la route et soit crédible au regard des intentions réelles des opérateurs sur les territoires ?


- Patrick VUITTON
Sur les schémas directeurs, il faut rappeler que la loi a clairement dit qu’ils étaient révisables, et on voit bien pourquoi, puisqu’aujourd’hui nous n’avons pas le Fonds d’aménagement numérique, ni le dividende numérique, il manque un tas de choses. En revanche, la phase qui est enclenchée dans une soixantaine de territoires départementaux est déjà une phase de diagnostic territorial, d’imprégnation des élus, etc… En dehors des collectivités qui ont réellement un projet et qui disent que leur projet est leur schéma directeur, c’est-à-dire le Loiret, le Calvados et la Savoie pour simplifier, toutes les autres vont probablement avoir un mécanisme itératif.
Alors, au niveau de Covage, d’Axione ou de SFR Collectivités, envisagez-vous de répondre à l’appel à manifestation d’intérêt sur vos fonds propres, puisqu’on ne déclare que si on ne fait pas appel au financement des collectivités locales ?


- Jean-Michel SOULIER
Le problème, c’est que je suis très mauvais avec les règlements et avec les plannings. Je risque donc d’être à côté de la réponse. Mais nous regardons tout à fait attentivement le fait qu’il puisse être possible de mobiliser des « fonds propres » pour investir en cohérence avec les RIP que nous gérons déjà.


- Pierre-Eric SAINT-ANDRE
J’ai peut-être loupé une étape sur le guichet A et le guichet B, mais si j’ai bien compris, notre rôle est d’exécuter, nous sommes un intermédiaire, un aménageur. Nous travaillons donc pour une collectivité territoriale et nous amenons ses infrastructures aux opérateurs. L’Etat nous dit que, si nous soumettons un dossier au guichet A nous n’aurons plus accès au guichet B. Les collectivités avec lesquelles nous travaillons sont plutôt des communautés de communes ou des intercommunalités : la commune centre pourrait peut-être avoir un dossier qui s’auto-finance à 70-80 % de couverture, mais l’élu nous dit que cela ne l’intéresse pas, il veut que nous réfléchissions à l’équipement homogène du territoire. Si la volonté de l’Etat est de dire que, ceux qui ont accès au guichet A, n’ont pas accès au guichet B, nous ne répondrons pas au guichet A. Il nous paraît surprenant de ne pas pouvoir solliciter et panacher des fonds des deux guichets, puisque nous bénéficions nous-mêmes sur nos zones de subventions, de prêts et d’equity fournis par des partenaires financiers, des banques, l’Etat, l’Europe, et des collectivités publiques… Il y donc sans doute un point à éclaircir.


- Patrick VUITTON
Du côté du Pays Chartrain, vous avez esquissé le fait de répondre à l’appel à manifestation d’intérêt.


- Alain GUILLOTIN
Oui, nous allons essayer de le faire en bonne et due forme. Je voudrais rebondir sur la question des schémas départementaux et régionaux. Bien sûr, c’est mieux s’ils se terminent rapidement. Dans une structure comme la nôtre qui vit sur un département, si les schémas directeurs n’existent pas, il est quand même difficile à la fin de savoir comment nous allons nous organiser et financer l’affaire. Ensuite, le cas est différent pour Axione, SFR et Covage. Pour nous, il est fondamental de répondre à des appels d’offres, je ne sais pas si c’est très important, mais il me semble quand même structurant de faire des schémas dans les départements et dans les régions pour savoir où va globalement le territoire. Pour revenir sur la question de la taille de la régie, en tout cas il faut s’inscrire dans quelque chose à un moment. Les réseaux n’existent que parce que l’on communique avec les autres. Pour le deuxième point, nous l’avons déjà prouvé : nous investissons sur fonds propres, nous manifestons déjà notre intérêt. Mais là, il va falloir le faire de façon plus formelle, sur nos financements et autres si affinités !


- Patrick VUITTON
Je précise que les schémas directeurs sont obligatoires pour aller demander de l’argent au Fonds d’aménagement numérique. Si votre département ou votre région n’a pas approuvé son schéma directeur, vous ne pourrez donc pas aller au guichet.


- Cyril LUNEAU
SFR FAI a sa propre logique en tant qu’investisseur pour regarder ce qu’il fait sur le volet A.
Avons-nous intérêt à le faire, en tant que SFR Collectivités dans le cadre de cette activité RIP ? Nous ne savons pas, nous regarderons. Nous nous plaçons plutôt en réponse aux projets de collectivités, c’est vraiment cela notre métier, nous nous voyons donc plutôt sur le volet B. Nous comprenons qu’il y ait une indépendance entre les deux volets. Mais un projet sur un département peut avoir à la fois une composante volet A et une composante volet B, et ce n’est parce qu’il y a une partie privée, et une partie sur un modèle RIP que les deux ne sont pas totalement indépendantes. Le jugement des deux parties de projet sera peut-être fait d’une manière concomitante mais indépendante. Bien sûr, cela complexifie l’étude d’un projet cohérent mixant à la fois de la montée en débit, des zones non couvertes, du FTTH, du mutualisé, etc… Pour peu qu’il y ait une ville zone dense au milieu, cela sera encore plus complexe. Pour autant, nous regarderons cela, et nous serons peut-être moteur pour aller chercher par le bras certains acteurs qui pourraient justement amener cette cohérence sur certaines zones grâce au volet A.


- Patrick VUITTON
La DATAR a quelque chose à nous apporter…


- Marc LAGET, DATAR
L’avant-dernière intervention m’oblige à réagir. D’abord, je ne suis pas au courant du fait qu’il y aurait impossibilité pour un maître d’ouvrage de candidater sur deux guichets. A mon avis, c’est tout à fait possible, à condition que les projets soient bien distincts l’un de l’autre et qu’il y ait des arguments pour le montrer. D’où l’importance des schémas, il ne pourra pas y avoir de financement sur un projet qui relève du volet B sans schéma. Mais il est clair aussi que le préfet de région et les collectivités concernées émettrons un avis sur des projets d’opérateurs privés qui demandent des financements dans le cadre du volet A s’ils sont plusieurs sur une même zone. Et cet avis ne pourra être rendu qu’au regard de l’existence d’un SCORAN ou d’un SDAN.
C’est un argument supplémentaire pour indiquer que ces éléments sont nécessaires. A la DATAR, nous préconisons vraiment qu’il y ait toujours des projets intégrés et que cette intégration soit présente dans la candidature sur simultanément les volets A, B et C. C’est-à-dire que, si une collectivité est en capacité de négocier avec des opérateurs pour dire « sur le volet A, nous allons vous aider à déployer au maximum, mais à condition que sur le volet B vous veniez souscrire des IRU, apporter du capital, ou amener vos savoir-faire, et nous verrons ce que nous pouvons faire ensemble sur le volet C » : à notre sens, c’est le genre de dossiers sur lequel nous aurons une grande capacité à réagir. Certes, il y a de l’écrémage, de l’absence de péréquation dans les modalités que nous pratiquons aujourd’hui. Mais nous pouvons peut-être les retrouver, sous condition que nous ayons du fonds PINTAT.


- Patrick VUITTON
Merci, il faut rappeler que la règle n’est pas totalement écrite, puisque, vous l’avez entendu ce matin, dans la réponse du Premier ministre à la Savoie, il était semble-t-il interdit, en termes de procédure, de faire des projets intégrés, c’est-à-dire d’avoir des zones éligibles au volet A quand on allait frapper à la porte du volet B. Il fallait avoir un projet avec deux procédures distinctes. Là, il semble que l’on puisse revenir à une seule procédure. Nous allons attendre et même essayer de participer à l’écriture de cette règle, si l’on nous consulte, de façon à être dans cette logique : un projet, c’est un territoire, ce n’est pas du A, du B, du 1 très dense, moins de 12 logements, etc…
Si vous le voulez bien, nous allons conclure.


- Yves ROME
Un mot pour vous remercier d’abord de votre présence, même si certains ont déjà regagné leur territoire. Parce que la vérité effectivement, c’est qu’il faut revenir aux territoires. Mais pour que les territoires puissent agir efficacement, il faut qu’ils continuent à se regrouper autour de l’expertise qu’ensemble nous essayons de bâtir, à l’AVICCA, sur ce dossier. Même si vous voyez le temps passer, ou si vous croyez que l’AVICCA ne travaille qu’une fois par an, nous voyons bien (au-delà de votre optimisme qui m’a renvoyé presque sur une autre planète Monsieur de SAINT-ANDRE !), qu’il faut vraiment que ce paysage se stabilise. Le modèle reste à écrire, parce que celui qui nous est proposé ne nous satisfait pas complètement. Et en fait, c’est en avançant sur la base de l’expertise que déploient les collectivités territoriales et sur la base de notre volonté que, finalement, s’écrira un modèle pertinent qui permettra à la France d’aborder ce troisième millénaire avec les outils nécessaires à l’éducation, la santé la culture… Et dans un cadre que je souhaite davantage européen qu’il ne l’est aujourd’hui. Car en fait, au-delà des infrastructures, en tant qu’élu local, ce qui m’intéresse, ce sont les usages que ces outils permettent, plus que les débats de techniciens, certes nécessaires, mais à la condition que cela débouche sur de la production utile pour nos territoires et pour nos concitoyens. Merci de votre attention.


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L’Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l’Audiovisuel regroupe 231 adhérents soit 50 Villes, 68 Communautés urbaines ou d’agglomérations, 19 syndicats de communes, 70 structures départementales et 24 régionales, soit 62.000.000 d’habitants.