Complétude des déploiements FttH : l'horizon s'éloigne encore sur certaines zones Décembre 2025
Le plan de fermeture du cuivre devra être reporté en ZTD
Le rythme déjà lent des déploiements en ZTD laissait craindre une fermeture du cuivre en 2031. Désormais, 2032 semble être une date plus réaliste. Pourtant, les déploiements d'Orange en ZTD restent étonnament stable, à hauteur d'une cinquantaine de milliers de prises chaque trimestre. Comment dès lors expliquer ce recul ?
Pour une fois, ce n'est pas la forte croissance du nombre de nouveaux locaux construits en ZTD qui en est la cause. L'explication est à chercher du côté d'un autre opérateur, Free/Iliad, et de la procédure engagée par le Régulateur à son encontre. L'opérateur étant particulièrement en retard sur ses reprises de réseaux, de nombreux logements sont de facto non raccordables depuis des mois. Aussi, l'Arcep considère qu'il ne s'agit plus de locaux raccordables, d'où un retrait de 50 000 locaux de cet opérateur sur un an, dont 30 000 pour le seul dernier trimestre... On peut espérer que cette mise en demeure produira ses effets, même si l'on peut se désoler du délai particulièrement long accordé par l'Arcep à Free/Iliad pour terminer ses reprises de réseaux.
En attendant, 1 commune sur 4 seulement respecte les critères de fermeture du réseau cuivre. La ZTD reste encore et toujours, la pire référence en matière de compéltude des déploiemetns FttH. Hélas !

100% des Français de la zone AMII n'auront pas accès à la fibre...
L'ancienne secrétaire d'Etat Marina Ferrari assurait en février 2024 qu'après la "renégociation" de l'accord L33-13 de 2018 avec Orange, "100% des Français qui demanderont la fibre pourront y avoir accès". Vu le rythme des déploiements effectivement mesurés par l'Arcep au T3 2025, il faudrait qu'Orange déploie près de 540 000 locaux au dernier trimestre 2025, soit bien plus que les 3 premiers trimestres 2025. Ou bien qu'il passe l'ensemble des locaux restant en raccordables à la demande. Mais au rythme actuel, les près de 300 000 locaux déjà fléchés comme étant raccordables à la demande par l'opérateur historique mettrons en théorie bien plus que les 6 mois théoriques à être raccordés.
Dans son accord de février 2024, Orange avait en effet précisé que "Le traitement des commandes RAD sera apprécié dans la limite d'un plafond total de commandes, par département et par mois, tous opérateurs confondus [...], correspondant à 3% du nombre total d'immeubles déclarés RAD". De plus, ce nouvel accord prévoit une limitation dans le temps de l’opposabilité des différents "engagements", dont la date de péremption est fixée à septembre 2026. Autant dire que la solution du "tout RAD" est inacceptable.
Au rythme actuel, c'est désormais au printemps 2027 et non plus à l'été 2028 que la complétude sera atteinte et que l'intégralité des communes (contre 42% au T3 2025) de la zone AMII pourrait respecter les critères réglementaires de fermeture du cuivre. C'est mieux, beaucoup mieux que ce que la précédente tendance pouvait laisser craindre. Mais nous sommes bien loin des promesses de l'ancienne Secrétaire d'Etat en 2024. Très loin. Ce n'est pas une surprise, du moins pour les associations d'élus qui, à l'époque, avait alerté sur ce probable résultat.

Les AMEL restent dans la bonne trajectoire, les zones CPSD dérapent
Les AMEL qui ne seront pas encore terminés à fin 2025 devraient tous l'être à l'été 2026, grâce à une légère reprise des déploiements au T3 2025. Pas d'inquiétude particulière quand bien même il aura fallu en passer par plusieurs mesures de coercition successives à l'encontre de certains acteurs. Seul l'AMEL de Saône-et-Loire a vu ses délais respectés quand tous les autres restent en retard. Voire très en retard. Certes, la qualité de certains déploiements a été beaucoup critiquée par les élus locaux concernés. Certes, il semble au fur et à mesure de la commercialisation que des locaux ont régulièrement été "oubliés". Néanmoins, nous sommes loin des doutes exprimés lors du lancement de ce nouveau dispositif par l'Etat en 2018. A commencer par nos propres doutes.
S'agissant des zones CPSD, en revanche, il y a lieu de s'inquiéter. La situation reste figée sur plusieurs zones (Orne, Hautes-Pyrénées, Territoire de Belfort), laissant craindre une possibilité d'y fermer le cuivre très tardivement. Presqu'aucune amélioration des déploiements FttH n'a été constatée sur ces CPSD depuis le début de l'année.

Et la zone RIP dans tout ça ?
Une nouvelle fois, plus de la moitié des déploiements FttH concerne la seule zone RIP. Une nouvelle fois, vu le faible nombre total de locaux nouvellement rendus raccordables à la fibre, ce n'est pas glorieux. Nous sommes désormais plus proches des niveaux de 2018. Et même si 97,4% des communes ont été ou sont en cours de déploiements, le nombre de nouvelles mises en chantier ralenti trop vite. Fin septembre 2025, il restait ainsi encore 735 communes à déployer.
C'est donc toujours insuffisant au regard du reste à faire, quand bien même près de 62% des communes (soit 17 318 communes) de la zone RIP sont désormais intégralement raccordables, loin, très loin, devant la zone privée. Au regard de ces derniers chiffres de déploiements, la trajectoire de fin des travaux s'oriente vers fin 2026 dans le meilleur des cas, et vers le premier trimestre 2027 dans le pire des cas.

