Déploiements FttH en zone RIP début 2025 : vers un scénario AMII ? Juin 2025
Décidément, l'atterissage de la zone RIP est bien trop brutal. Certes, comme le souligne l'Arcep, la production de nouvelles prises FttH y reste en apparence encore très importante, puisque 3 prises sur 5 construites en France aujourd'hui le sont en zone RIP. Mais lorsque les déploiements au niveau national toutes zones confondues sont au plus bas, se comparer aux autres zones fausse la lecture.
La complétude toujours au rendez-vous, contrairement aux nouvelles mises en chantier
Comme c'est le cas à chaque publication statistique de l'Arcep, ce n'est pas tant le rythme de complétude qui inquiète. Bien au contraire, celui-ci, alimenté par les nombreuses mises en chantiers passées, progresse rapidement. Résultat : plus de 55% des communes sont intégralement couvertes en fibre optique. Mais comme l'explique le graphique ci-dessous, cette progression va trop rapidement se tarir, car les mises en chantiers restent trop faibles : 117 communes ont été mises en chantier au T1 2025, alors qu'il reste un peu plus d'un millier de communes (sur 28 000 au total en zone RIP) qui n'ont aucun déploiement en fibre optique à date.
Quant au rythme de nouveaux locaux rendus raccordables au FttH, il est retombé presqu'au même niveau qu'au T2 2019, et bénéficie en priorité aux communes déjà bien couvertes. Cela se traduit dans les statistiques au niveau départemental, puisque 12 RIP sont déjà à des niveaux de raccordabilité de 99 ou 100% (pour rappel, il n'y a aucune zone privée départementale qui atteint ce taux de couverture). Dis autrement : il pleut moins et en plus ce sont les zones déjà mouillées qui sont les plus arrosées...
Les RIP sont (beaucoup) plus souvent dans l'air
Pour déployer une prise optique en zone RIP, il faut en moyenne déployer 8 fois plus de linéaires en aérien et 2 fois plus de linéaires de génie civil souterrain que pour une prise en zone d'initiative privée. En déployant le FttH dans ces zones, les collectivités n'ont pas seulement apporté la fibre : elles ont aussi massivement remplacé les poteaux d'Orange et dans une moindre mesure ceux d'Enedis, quand elles n'ont tout simplement pas dû planter de nouveaux poteaux en raison de règles de calcul de charges parfois assez déroutantes. Ce sont surtout elles qui ont remis à niveau les supports aériens mais plus encore le parc de poteaux d'Orange, qu'elles louent pourtant désormais beaucoup plus cher qu'avant...
Mais ce que montrent également ces graphiques, c'est bien que les opérateurs privés ont longtemps privilégié les déploiements FttH là où le GC était essentiellement souterrain, délaissant le plus longtemps possible les déploiements aériens. Et encore, il faudrait pouvoir analyser la part dans cette progression des déploiements en zones AMEL, qui comportent bien plus d'appuis aériens que les ZTD et zones AMII. Bref, rien d'étonnant à ce que plusieurs collectivités de la ZTD et de la zone AMII aient remonté à l'Avicca que les rues et quartiers qui restent inéligibles à la fibre optique sont très souvent situés dans les zones de déploiements sur appuis aériens, et sinon, dans les secteurs classés.
Cela montre une nouvelle fois les vertus d'un déploiement 100% public, qui s'appuie uniquement sur une logique d'aménagement équitable du territoire.
