Intelligence artificielle
La thématique en trois mots, ou presque !
« Il n’y a pas de définition de l’intelligence artificielle. Ce qui est certain, c’est que l’intelligence artificielle, ce n’est pas de l’intelligence», indiquait Cédric Vilani dans son rapport publié en 2017. Ce n’est d’ailleurs pas artificiel/virtuel non plus car ces techniques s’appuient sur des réseaux d’ordinateurs, des lacs de données, des puissances de calcul phénoménales, reliés par des infrastructures télécoms au plus proche des territoires suivant les utilisations.
L’IA ou plutôt les IA sont une famille d’outils qui vont de l’IA Générative (Mistral, LUCIE…) à la vision par ordinateurs (computer vision) en passant par le traitement du langage (les chatbots, par exemple) ou l’apprentissage machine (learning machine).
Depuis la diffusion grand public de ChatGPT en novembre 2022, l’engouement pour les IA génératives ou métiers ne faiblit plus. En 2025, près d’une collectivité de plus de 3 500 habitants sur deux déclarait avoir déjà engagé un projet d’IA sur son territoire. En y ajoutant les projets des 12 prochains mois, ce ne seront pas moins de trois collectivités sur quatre (hors communes de moins de 3 500 habitants) qui auront expérimenté l’IA d’ici un an. En outre, l’IA générative est en forte croissance en 2025, passant de 52% à 84% des collectivités qui expérimentent l’IA. Elle est utilisée par toutes les tailles de collectivités, même les plus petites (89% des communes)*.
En 2021, un rapport de la Commission européenne n’avait pourtant trouvé que 5 initiatives d’IA territoriales en France. En août 2022, le Conseil d’État en citait 19. Il y avait une cinquantaine de projets locaux identifiés à la mi-2023. Il y a donc actuellement probablement plusieurs centaines de projets d’IA territoriale.
Évidemment, il convient d’évoquer les risques : les soucis de souveraineté, le côté énergivore, la crainte d’une société encore d’avantage contrôlée. Mais il convient avant tout de tester, d’expérimenter, dans des bacs à sable, et de saisir les chances en gardant la maitrise, avec notamment des IA spécialisées (ce que recommande un rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques paru fin 2024 sur les nouveaux développements de l'intelligence artificielle auquel a contribué Patrick CHAIZE, le président de l’Avicca)
L’Avicca accompagne ses membres dans l’acculturation aux nouveaux usages numériques en général. Elle guide les collectivités vers des stratégies mariant optimisation des services publics, transformation numérique, transition écologique et autonomie (« souveraineté »), dans le respect des agents, des administrés et des ressources.
Aenean dui dui, dignissim dapibus varius vitae, blandit quis erat. Aenean posuere magna in neque convallis, in consectetur est lobortis. In hac...
Quels sont les enjeux pour les collectivités ?
Saisir les opportunités
45% des collectivités ayant engagé ou prévoyant d’engager un projet IA déclarent des usages concernant d’abord l’administration et la gestion interne. Comme toujours en matière d’innovation, il s’agit d’abord d’expérimenter, d’évaluer puis de généraliser (ou pas !). La technique doit se mettre au diapason d’un projet politique de territoire : dans ce cas de nouveaux services aux administrés pour aller dans le sens d’un territoire plus sobre, plus résilient, plus efficient. Et à chaque projet, il convient d’éviter le technosolutionnisme pour se poser réellement la question : qu’apporte l’IA ?
Accompagner les métiers
L’intelligence artificielle, notamment l’IA générative (IAG), impacte les organisations comme les métiers : comprendre ses enjeux et apprendre à l’utiliser devient incontournable. Faut-il interdire ces nouveaux outils ? Les encadrer et les réserver à quelques tâches identifiées au risque de brider l’innovation et les gains de productivité espérés ? Ou au contraire faudrait-il les adopter en accompagnant leurs usages responsables à la fois de réflexions éthiques et de formation technique ? D’après une enquête publiée en août 2024 par Digital Education Council, 86 % des étudiants indiquent utiliser l’intelligence artificielle dans le cadre de leurs études. Ce chiffre traduit une adoption rapide et généralisée des IAG par les jeunes générations. Ces jeunes arrivent dans les collectivités. Leurs pratiques (cachées, libres ou encadrées) ne vont-elles pas rapidement impacter les quelques 200 métiers territoriaux, les organisations, les relations avec les administrés ?
Acculturer la population
Deuxième domaine d’usage des IA qui progresse fortement : la relation aux usagers pour 20% des collectivités ayant engagé ou prévoyant d’engager un projet IA. Dans le même temps, les sondages auprès du grand public relevent une grande inquiétude voire du rejet et de nombreuses réserves, notamment au regard des attentes vis-à-vis des services publics (pas d’IA au guichet !). Pour tous, le principal frein au déploiement de l’IA restait le manque de compétence (pour 63% des collectivités)*. Comme pour l’inclusion numérique, le rôle d’une collectivité publique n’est-il pas d’informer, de sensibiliser et de former aux IA ?
Sans infra, ni data, il n’y aura pas d’IA. Et sans une approche éthique, durable, et souveraine, ce sera la cata !
*Chiffres issus des Baromètres de l’observatoire Data Publica 2024 et 2025
L'Avicca vous accompagne !
Vous devez être connecté pour accéder à cet agenda.
Membre :
Retrouvez toutes les dates de vos groupes de travail.