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De Pau à Paris, une même exigence : souveraineté, pérennité et résilience

15/10/2026

Un rendez-vous palois réussi !

Près de 1200 participants étaient présents à la 11ème édition de l'Université de la Transition Numérique des Territoires (UTNT), co-organisée par InfraNum, l'Avicca et IdealCo, ces 7 et 8 octobre 2026 à Pau. Dans le magnifique centre des Congrès du Palais Beaumont. l'événement a été rendu possible grâce au soutien et à l’implication du Département des Pyrénées-Atlantiques, de la Communauté d'agglomération Pau-Béarn-Pyrénées, du Syndicat mixte La Fibre 64, de La Fibre Paloise et de THD 64.  De l'avis unanime, les congressistes sont repartis satisfaits... 

Pau, doyenne du FttH en France !

Le choix de Pau était symbolique pour beaucoup, à commencer par l’Avicca. C’est en effet une collectivité locale, et non pas un opérateur privé, qui a lancé au tout début des années 2000, sous l’impulsion du Sénateur-Maire André Labarrère, le premier déploiement FttH. Et cela dans un département, les Pyrénées-Atlantiques, qui a porté un RIP couvrant à plus de 99% la zone rurale d’initiative publique (364 000 locaux).

Ce premier déploiement FttH s’est fait il y a plus de 20 ans. À l’époque les constructeurs ne disposaient pas forcément des matériels adaptés que nous connaissons tous aujourd’hui. Il fallait trouver des solutions, voire les inventer en ces temps « quasi-préhistoriques » à l'échelle du numérique : armoires de rue, boitiers de dérivation ou de raccordement, prises optiques… et même box internet adaptées à ces débits jamais vu auparavant. Bref de l'innovation industrielle et territoriale !

En outre, ce déploiement s’est également fait sur une zone rentable d’une part, et bien avant d’avoir à subir une règlementation tarifaire mortifère de l’Arcep, d’autre part. Certes, s’agissant de ce dernier point et en réponse à l'inquiétude de la Présidente d'InfraNum Ilham Djehaich, Laure de La Raudière, la Présidente de l’Arcep s’est voulue rassurante, parlant d’une recherche d’équilibre. Ce mot à son importance et nous ne pouvons dans l’absolu que nous en féliciter, tant est grand le déséquilibre actuel entre les collectivités et leur OI, d’une part, et les OCEN, d’autre part. OCEN dont on apprend que le revenu moyen par client (ARPU) a fortement augmenté depuis 2020 grâce à la fibre, donc grâce aux RIP ! 

Mais si, au moment de cette mise en ligne, nous ne connaissons pas encore les lignes directrices de l’Arcep qui devraient être publiées dans les heures qui viennent, l’UTNT bruissait d'inquiétudes autant que lors des deux derniers TRIP : beaucoup se demandaient si ces lignes directrices n’avaient pas été corédigées par des OCEN. Ou par une IA malveillante ?

« Cap sur la souveraineté numérique »

Près de 15 conférences et ateliers ont couvert la souveraineté numérique sous plusieurs angles : RSE, datacenters de proximité, RIP 3G, territoires durables et connectés, fibre, solutions d'énergie, radio... Au menu également : l'accélération des territoires connectés, la sobriété énergétique et l'interopérabilité des services publics.

La recherche d’une plus grande souveraineté reste le seul objectif raisonnable. En effet, comme l’avait dit le Ministre Cédric O il y a quelques années déjà, et comme l’a rappelé à l'UTNT Étienne Dugas (GROLLEAU) : « La souveraineté numérique absolue n’existe pas ». Aucun pays, ni la Chine ni les États-Unis d’Amérique, ne maîtrise seul toute la chaine du numérique.  L’UTNT a été ainsi une nouvelle occasion d'explorer comment, que ce soit au travers de la commande publique ou de nos besoins numériques, nous pouvions améliorer notre souveraineté numérique pour ne conserver que des dépendances choisies. Le colloque TRIP d'Automne des 17 et 18 novembre prochains, à Paris (Jussieu), maintiendra ce cap vers une recherche de plus de souveraineté numérique !

Résilience des réseaux télécoms : une filière qui commence enfin à s'organiser

« Je souhaiterais commencer par une confidence. Avant cet été, j’avais parfois le sentiment que la filière télécoms n’existait pas. Et puis il y a eu les incendies, et j’ai changé d’avis. Je sais maintenant que la filière télécoms existe et qu’en situation de crise, elle sait remarquablement bien travailler ensemble. » 

L'intervention de Yann Breton, directeur de Gironde Numérique, a marqué à plus d'un titre les esprits lors de cette UTNT. Sa description minutieuse, méthodique et vivante de la gestion de cette catastrophe devrait faire date. Y compris sur le plan humain et organisationnel. Au sein de la cellule de crise de la Préfecture, Gironde Numérique a en effet été désigné de manière consensuelle (comme quoi, c'est possible !)  représentant de tous les opérateurs (Orange, Bouygues, Free, SFR, etc.) en raison de sa neutralité et de ses missions de service public. Tous les acteurs ont ainsi su faire front commun pour suivre les dégâts en temps réel et mettre en place les solutions d'urgence.

De cette tragique expérience, il ressort aussi que la fibre, à défaut d'être résistante aux tempêtes de vent, est très résistante aux incendies. Même mises à nu, certaines fibres optiques ont continué à transmettre un signal optique. Reste une question que l'on espère voir résolue par les futures lignes directrices de l'Arcep : comment financer la résilience ? La Présidente de l'Arcep va-t-elle trouver l'équilibre parfait ? Ou bien serait-ce à nouveau, comme pour la souveraineté numérique lors de notre dernier TRIP de Printemps 2026, une quête du Graal ?